Lot n° 42
Charles ANGRAND (1854-1926) Paysanne trayant une vache, 1883. Huile sur toile signée et datée 1883 en bas à gauche. (Petits accidents et petits manques, toile déclouée du châssis en bas). 54 x 65 cm Provenance : Collection de M. DAMBIER 1858-1927, ami de l'artiste, tableau conservé dans sa famille jusqu'à ce jour. Figure dans le Mémorandum manuscrit des œuvres vendues ou données sous le numéro 23 (Archives F.L).
Un certificat d'authenticité de M. François Lespinasse sera remis à l'acquéreur. 

Avis de M. François Lespinasse spécialiste de cet artiste :
L’apparition d’un tableau de Charles Angrand est toujours un événement. A ce jour, moins cent peintures à l’huile sont connues et le tableau « Femme trayant sa vache » de 1883 est une découverte importante.
Charles Angrand est né à Criquetot-sur-Ouville le 19 avril 1854. Ce village est situé à équidistance des falaises du pays de Caux et des méandres de la Seine. Son père y est instituteur et souhaite voir son fils suivre cette voie. Ce sera le cas de sa sœur Marie (né en 1852) et du benjamin Paul (né en 1868).
Après ses études primaires, il quitte sa chère campagne et vient à Rouen ; il suit avec brio les cours de l’Ecole Normale. Il est nommé instituteur à Lillebonne en 1874, puis maître-répétiteur au Lycée Corneille et le 30 janvier 1875 aspirant-répétiteur pour l’enseignement secondaire spécial. Dans cette institution rouennaise sont aussi dispensés des cours de dessin, et dans l’enclave Sainte-Marie à deux pas du Lycée se trouve l’Académie de Dessin et Peinture de Rouen sous la conduite de Gustave Morin (1809-1886). Charles Angrand se tourne vers les Arts.
En 1876, Paul Dambier, fils d’un receveur des Postes, bachelier-ès-lettres et sciences est nommé aspirant-répétiteur au lycée Corneille. Une amitié de cinquante ans va lier les deux hommes.
Charles Angrand va exposer au Salon municipal de Rouen de 1878, puis en 1880 et 1882. Devant les difficultés rencontrées, il décide de quitter Rouen pour Paris, et, gagne le Collège Chaptal, 45 boulevard des Batignolles, proche de la gare Saint-Lazare et de la place Clichy, pour la rentrée du 2 octobre 1882.
A chaque vacance scolaire, le jeune artiste regagne Criquetot-sur-Ouville pour « exprimer la bonne terre normande qui n’est point paresseuse » (Cahier n°4). La cour de ferme de la maison familiale lui suffit pour trouver ses motifs. Il est en parfaite symbiose avec l’environnement cauchois et c’est le cas dans la toile « Femme trayant sa vache » présentée. Elle a été réalisée durant l’été 1883 et est une préfiguration du « Paysan ou Dans le jardin » (Musée des Beaux-arts de Rouen) ou « Le Carré de choux » ou « Dans le jardin » (Collection particulière). Superbe vision impressionniste d’une cour normande.
Auprès de ses collègues Matton, Le Fustec, Pottier, Dezerville, Seguin, Dambier devenu en 1881 répétiteur au lycée Saint-Louis, puis professeur de physique au Collège Rollin, l’artiste va trouver des acheteurs. C’est le cas du tableau présenté.
Charles Angrand, atteint d’une longue maladie, écrit à son ami, le 2 février 1926, pour organiser son panneau de l’exposition « Trente ans d’art indépendant » où il fait état du tableau. L’artiste décède le 1er avril 1926.

Provenance : M. Dambier 1858-1927.
Figure dans le Mémorandum manuscrit des œuvres vendues ou données sous le numéro 23 (Archives F.L).
Un certificat d’authenticité sera remis par M. François Lespinasse.
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