Lot n° 26
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CHIESA Pascale (actif à Rome vers 1645-1654)
"Diogène"
Sur sa toile et son châssis d'origine.
Haut. : 96 cm ; Larg. : 71 cm
(Restaurations anciennes)
Sans cadre

Provenance : Ancienne collection Néger.

Bibliographie : Nicola Spinosa, Ribera. La obra completa, Edicion Fundacion Arte Hispanico, 2008, p.485, n°B2 (reproduit, comme Ribera " originales autentificados solo por fotografia ").

Diogène est un philosophe de l'école cynique qui vivait à Athènes au quatrième siècle avant Jésus-Christ. L'historien Diogène Laërce a popularisé la légende selon laquelle il parcourait les rues brandissant une lanterne allumée en plein jour et apostrophant les passants en disant "Je cherche un homme", c'est à dire un homme sage et bon (en fait, il cherchait à montrer que l'homme idéal de Platon n'existe pas, il s'agit plutôt d'une critique ironique de Platon). Le philosophe plaisait aux élites romaines éprises de stoïcisme : Nicolas Poussin le traite à la même date dans un vaste paysage classique (1647, musée du Louvre), et on le rencontre aussi au XVIIe siècle chez Ribera (1637, Dresde, Gemäldegalerie), Carlo Dolci, (vers 1640/45, Florence, Galerie palatine), César van Everdingen (1652, La Haye, Mauritshuis), Langetti, Salvator Rosa...

D'origine génoise, mais essentiellement documenté comme actif à Rome, Pasquale Chiesa a probablement temporairement travaillé à Naples, comme en témoignent ses liens proches avec Ribera et Salvator Rosa. Il est surtout connu pour ses grands tableaux commandés par des notables romains tels que le cardinal Antonio Barberini, Paolo Falconieri et des collectionneurs prestigieux comme Camillo Pamphilij.

Notre Diogène peut justement être comparé avec les tableaux de la galerie Doria Pamphilj tels que Saint Pierre assis en larmes, Saint Jérôme, Sacrifice d'Isaac, Saint Paul l'ermite, la Madeleine pénitente, Agar et Ismaël réconfortés par l'ange. Le traitement de la draperie et de la peau ainsi que le type de physionomie étant tout à fait similaires. La dette du peintre envers Ribera et Salvator Rosa est évidente aussi dans le Martyre de saint André de la Galerie nationale d'art antique au Palazzo Barberini à Rome, dans le Martyre de saint-Barthélemy, qui se trouvait il y a quelques années dans la galerie Caylus de Madrid ou encore dans le Saint Jérôme de la galerie Leegenhoek à Paris.

Cette nouvelle peinture, ajoutée au catalogue du peintre, confirme la proximité de Chiesa avec le climat néo-guerchinesque des années 1640, proche de Pier Francesco Mola, un autre peintre auquel Chiesa était lié selon les archives ou du jeune Mattia Preti avant son départ pour Naples.

Nous remercions le professeur Gianni Papi pour son aide dans l'attribution de cette peinture et pour les informations contenues dans cette notice.
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