Lot n° 8
Vente terminée
Maître de la Miséricorde, connu à Florence vers 1360-1390.
Petite Maestà : Vierge à l'Enfant en majesté entourée de saints ; Au-dessus
: crucifixion.
Peinture à l’oeuf et fond d’or sur panneau de bois de forme ogivale (importantes
restaurations anciennes, importants soulèvements et manques).
Haut. : 72,5 cm - Larg. : 38 cm (sans le cadre néogothique moderne) - Épaisseur : 3,5 cm

Le Maître de la Miséricorde a reçu son nom de convention de Richard Offner d’après la
Madone de Miséricorde provenant de Santa Maria in Candeli et conservée à la Galleria
dell’Accademia de Florence n°8562, qui le dit élève d'Andrea di Cione, l’un des frères
Orcagna. On le trouve également sous le nom de « Maître de la Miséricorde
orcagnesque » (cf. R. Offner, A Corpus of florentine painting, Section III, vol. VIII, New
York 1958, p.217 amplifié par H.B Maginnis, A legacy of attributions, New York 1981, p.8-
13). M. Boskovits (Pittura fiorentina alla vigilia del Rinascimento, Florence 1975, p.366-
372, figs. 216-228) a précisé l’activité de ce maître, influencé par Taddeo Gaddi et
Agnolo Gaddi mais également par Bernardo Daddi et l’identifie hypothétiquement à
Giovanni Gaddi, frère d’Agnolo Gaddi documenté entre 1369 et 1385.

La forme du panneau de notre Maestà et la disposition des scènes séparées en deux
registres superposés que l’on trouve volontiers à la fin du XIVe siècle permettaient
d’amplifier le programme iconographique de ce type de tableau de petites
dimensions. On en trouve des exemples similaires dans l’ancienne collection Henry Oppenheimer (cf. Maginnis, op.cit. p.11, fig. 19) et dans la
collection royale anglaise (cf. J. Shearman, The early italian pictures in the collection
of Her Majesty the Queen, Cambridge, 1983, p. 158-159, fig. 137).

La Vierge centrale tenant l’Enfant assis sur ses genoux, siège sur un trône posé sur un
piédestal, dont le dossier est tendu d’un drapé ornemental sur fond rouge. Elle est
entourée à dextre par saint Jean-Baptiste, saint Paul et deux saintes couronnées et à
senestre par saint Jacques, saint Pierre, un saint martyr et un saint diacre. Dans le
Calvaire, le Christ en croix est assisté de la Vierge et de saint Jean l’évangéliste
debout, et adoré par saint Benoît et un saint diacre si l’on en juge par leur vêtement,
tous deux agenouillés en position d’orant.

Notre panneau encore inédit s’intègre totalement dans le corpus des oeuvres de ce
maître défini par les auteurs cités ; ici cependant son style semble plus proche du
catalogue des oeuvres tel que M. Boskovits l’a défini, par une certaine placidité des
protagonistes aux expressions moins farouches que celles d’Andrea Orcagna et par la
délicatesse du coloris et de l’ornementation des drapés plus en accord avec les
manières d’Agnolo Gaddi. À notre sens, on pourra rapprocher le Calvaire d’un panneau
du «Vir Dolorum » (New York ancienne collection Duveen) et la petite Maestà d’une
autre image de même sujet (ancienne collection Bellesi ; cf. respectivement Boskovits,
fig. 222, Maginnis, figs. 10,11).
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