Lot n° 98
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Christ en croix accompagné de Marie-Madeleine en bois sculpté en fort relief et doré sur fond de panneau peint en noir dans un encadrement mouluré à ressauts. Sur une haute croix élancée, Christ vivant à la bouche expirante, la tête couchée sur son épaule droite, bras en V, corps légèrement arqué aux jambes dissymétriques, perizonium drapé autour des hanches, retenu par une double cordelette et laissant la jambe droite découverte; beau froissé accidenté avec envolée d'une extrémité. A gauche de la croix, Marie-Madeleine, agenouillée sur une terrasse ornée d'une frise d'oves, essuie ses larmes avec un pan de son manteau; à droite un ange pleureur, tenant un crâne dans une de ses mains, appuie sa joue contre sa main dans un geste d'affliction; un serpent enroule son corps au pied du stipe.
Entourage de François Girardon (1628-1715), fin du XVIIe/début du XVIIIe siècle (deux doigts de la main droite du Christ cassés et recollés, manque vraisemblablement un nimbe derrière la tête du Christ)
H_92 cm L_50,5 cm
Le seul Christ attesté de François Girardon, sculpteur du roi, est un Christ en bronze que l'artiste plaça en 1690 au-dessus de la grille du choeur dans l'église
Saint-Rémy de sa ville natale de Troyes. Il s'agit d'un Christ fortement charpenté, aux jambes parallèles et au perizonium noué autour des hanches (fig. a).
Le Christ de cette Crucifixion en bois doré se rapproche davantage de celui «ex prototypoaereo Fr. Girardon, sculp. Reg.» figurant sur une gravure de Simon
Thomassin, artiste également troyen, qui fut publié par Mariette en 1693 (fig. b). On retrouve la tête couchée sur l'épaule droite comme sur celui de Saint-Rémy mais en plus, la même dissymétrie des jambes, avec la droite fléchie, et un perizonium plus baroque dont une des extrémités s'envole latéralement. Sur la gravure de Thomassin, on remarque également la présence d'un long serpent au corps enroulé autour du stipe, symbole de la victoire du Christ sur le Mal.
Il semble ainsi légitime de placer cette Crucifixion en bois doré dans l'entourage de Girardon considéré comme le plus grand sculpteur de son temps.
On reconnaît une maitrise parfaite dans son exécution tant dans l'anatomie du Christ, les expressions des visages et le rendu des drapés d'une grande dextérité. Des parallèles peuvent être établis entre la figure de Marie-Madeleine, dont la volupté du corps transparaît sous la tunique laissant son épaule droite découverte, et celle de Proserpine et de ses nymphes telles que représentées sur le piédestal en marbre réalisé par Girardon en 1699 conservé au château de Versailles (fig.c et c'). L'angelot pleureur témoigne de la même délicatesse et sensibilité que ceux exécutés sous le ciseau de Girardon: même attitude que celui du tombeau du Cardinal de Richelieu de la chapelle de la Sorbonne (1675-1694) (fig. d) et même tête que celles des angelots d'une table de fondation visible à Saint-Remy de Troyes (1701 ou 1706) (fig.e).
Ouvrages consultés: F. Souchal, French Sculptors of the 17th and 18th centuries - The reign of Louis XIV, Oxford, 1981, Vol. II; A. Maral, Girardon -
Le sculpteur de Louis XIV, Paris, 2015.
Un rapport de Charles Avery en date du 21 janvier 2019 sera remis à l'acquéreur (French, late 17th century, Circle of François Girardon).
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