Lot n° 7
Sale completed
CUISIN (J.-P.-R.).
Le Numéro 113 ou la Catastrophe du jeu. Histoire véritable.
Paris : Pigoreau, 1814. — In-12, 158 x 96 : frontispice, (2 ff.), xj, 174 pp. Demi-percale violine mouchetée à la bradel, dos lisse (reliure de la fin du XIXe siècle).

Édition originale très rare de ce roman de mœurs parisiennes, second ouvrage imprimé de l’ancien militaire J.P.R. Cuisin (1777-1845?).
Le numéro 113 était un des lieux les plus célèbres du Palais-Royal, composé d’un restaurant au rez-de-chaussée, d’une salle de jeu au premier et d’une maison de passe au second. Dumas a dit dans La Femme au collier de velours, à propos de cet établissement, que « si l’enfer a un numéro, ce doit être le 113. »
L’auteur parle dans cette fiction du problème de l’addiction au jeu qu’il considère comme un véritable fléau : « On conviendra qu’on ne sauroit jamais inspirer plus d’horreur pour cette funeste passion (le jeu), à ceux qui en sont atteints, que la peinture même des malheurs qui ne manquent pas de marcher à sa suite et en sont inséparables. Le bouleversement des fortunes, des idées religieuses ; l’altération de toutes les affections tendres et nobles ; le suicide même et tous les écarts les plus monstrueux de l’imagination de l’homme, sont les tristes fruits qu’il ne recueille que trop souvent de cette cruelle passion de jouer, de cette fureur incurable de ne se complaire que dans des émotions toujours inquiétantes, et de se placer continuellement dans l’alternative douloureuse d’une grande prospérité ou d’une ruine totale. »
On trouve dans le chapitre V une intéressante description du N° 113 à l’entrée duquel « voltigent une quantité de nymphes qui en rendent les approches encore plus attrayantes » (p. 98). À propos de ces dernières, l’auteur dit plus loin : « Ces femmes, la honte de leur sexe, dépourvues de toute pudeur, et qui trafiquent sur la volupté et le plaisir, n’en possédant aucuns des véritables éléments, sont donc là comme les prêtresses du temple, ou plutôt comme des sirènes qui attirent de toutes parts le navigateur » (p. 99).
L’édition est illustrée d’un frontispice gravé par Tassaert d’après Debret, montrant un homme pleurant sur un monument dédié « Aux touchantes Victimes du Jeu. »
L’ouvrage eut un certain succès à l’époque si bien qu’on en publia une seconde édition en 1815, que l’on trouve plus souvent.
Exemplaire bien conservé. La Table des chapitres, constituant les pages ix à xj des feuillets liminaires, a été reliée après le titre.
Provenance : A. Retourné, Amiens, avec cachet daté du 22 octobre (18)78.
On joint :
- [CUISIN (J.-P.-R.). - BLANCHARD (P.)]. Le Tableau du premier jour de l’an, ou je vous la souhaite bonne et heureuse. Esquisses des mœurs parisiennes. À lîle des bonbons [Paris] : Friandet, [1816]. — In-18, 131 x 81 : frontispice, 140 pp., (1 f.). Basane mouchetée, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l’époque).
Édition originale de ce roman de mœurs attribué à Cuisin et Blanchard. Elle est intéressante pour son frontispice représentant l’intérieur de la confiserie parisienne Au Berger fidèle où l’on voit notamment un homme courtiser une dame qui semble être l’une des vendeuses.
Épidermures sur les plats et le dos, sinon exemplaire très bien conservé.
- CUISIN (J.-P.-R.). Clémentine orpheline et androgyne ou Les Caprices de la Nature. Bruxelles : J.J. Gay, 1883. — 2 tomes en un volume in-12, 182 x 115 : frontispice, (4 ff. premier blanc), 119 pp. ; frontispice, pp. (121)-283, couverture imprimée. Demi-chagrin brun à coins, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, couverture conservée (reliure du début du XXe siècle).
Nouvelle édition de ce roman paru pour la première fois en 1819, racontant les aventures d’une jeune fille qui réunit dans sa personne les attributs des deux sexes. Elle est illustrée de 2 frontispices sur papier de Chine.
Quelques frottements d’usage sans gravité. Rares rousseurs.
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