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Lot n° 42

Marie-Geneviève FAVART, née Bellot (c. 1760-1...

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Jeune dame en robe blanche, 1802. Pastel, signé et daté à droite “Mme Favart / pinxit 1802”. H. 59,5 x L. 48 cm. Dans un cadre rectangulaire de bois doré. Historique Marie-Geneviève Bellot, fille d’Etienne Bellot, bourgeois de Paris, épouse en 1776 Charles-Nicolas-Joseph Favart (1749-1806). Ce dernier est le fils de Charles-Simon Favart ((1710-1792) et de Justine du Ronceray (1727-1772), illustre couple d’artistes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, les deux acteurs ayant modernisé et popularisé le genre de l’opéra-comique en innovant à la fois dans la dramaturgie et le costume de scène. Justine Favart, actrice célèbre, est proche de Crébillon et Voltaire. Son époux, directeur de l’Opéra-comique (le lieu sera associé à son nom avec la salle Favart), connaît le succès avec plusieurs créations comme Annette et Lubin (1762) ou L’Anglais à Bordeaux (1763). Son fils, lui-même secrétaire de l’Intendance au moment de son mariage avec Marie-Geneviève Bellot, sera également auteur d’opéras-comiques à succès comme Le Diable boiteux (1782) ayant un temps lui aussi embrassé une carrière d’acteur dramatique (il sera sociétaire de la comédie italienne en 1780). C’est dans cet environnement artistique porteur que la jeune Marie-Geneviève Bellot, devenue Geneviève Favart, exerce son activité de peintre, ayant pu à loisir observer les portraits de sa belle-mère par les plus grands artistes de son temps comme François Boucher ou Maurice Quentin La Tour. Ses beaux-parents avaient également été portraiturés au pastel par Jean-Etienne Liotard. Une critique nous apprend néanmoins que la jeune femme exposait déjà des pastels avant son mariage sous le nom de Mlle Bellot au Salon de la Jeunesse de 1772 : « On a ainsi vu plusieurs portraits au pastel peints avec facilité par Mlle Medard, et quelques autres portraits de Mlles Belot, Texier, etc. ». Nous avons connaissance de quelques rares portraits de Geneviève Favart avant sa première participation au Salon en 1800 : une miniature sur ivoire représentant Marie Desbrosses, actrice de la Comédie italienne, datée des années 1780 conservée en collection particulière ; un portrait de Mr Hauy, Interprète du Roi et Instituteur de l’Éducation des aveugles, peint en 1788 et qui n’est connu aujourd’hui que par une gravure faite par Sergent, portrait peint “dans la plus grande perfection” ; un portrait au pastel représentant Cousin, avocat au parlement de Paris, vers 1788, conservé au musée Garinet à Châlons-en-Champagne. Mme Favart expose au Salon de 1800 un portrait au pastel intitulé Charles-Simon Favart composant la comédie de L’Anglais à Bordeaux (sous le n° 141), œuvre qui fut acquise par le musée des Beaux-Arts de Béziers en 19827. Il s’agit d’un portrait posthume que l’artiste dresse de son beau-père, dramaturge prolifique et homme de théâtre célèbre. Cette œuvre révèle « de solides qualités de dessins et de coloris » selon le spécialiste du pastel Paul Ratouis de Limay. Geneviève Favart expose au même Salon sous le numéro 142 : le portrait de Madame de Montalembert posant deux vers au buste de son mari (Madame de Montalembert est une salonnière) et sous le numéro 143 un portrait en pied du C(itoyen) N…, pastel signé et daté 1800, ainsi que plusieurs autres portraits sous le numéro 144. Le livret de Salon nous apprend que Geneviève Favart est l’élève du « citoyen Bachelier », c’est-à-dire de Jean-Jacques Bachelier (1724 -1806). Il est intéressant de noter que le Salon devient, dès les années 1800, le pivot d’un nouvel espace social, où l’identité d’artiste s’apparente dorénavant aux appartenances d’atelier10. Peintre animalier de renom, Jean-Jacques Bachelier avait été reçu à l'Académie le 30 septembre 1752 puis comme peintre d'histoire le 1er octobre 1763. Il avait travaillé à de très nombreuses reprises pour le souverain, régulièrement exposé ses œuvres au Salon, collaboré depuis 1751 avec la manufacture royale de porcelaine de Vincennes puis de Sèvres, avant d'être nommé professeur en 1770 et de mettre en place une école gratuite de dessin (pour les garçons) en faveur des métiers relatifs aux arts. En 1789, il s’était engagé dans un projet de création d’une École de dessin pour les jeunes filles afin de leur donner accès à une formation complète aux arts appliqués, mais les évènements révolutionnaires l’ont empêché de mener à bien ce projet. Geneviève Favart est donc initiée au métier d’artiste dans l’atelier privé de Jean-Jacques Bachelier, ancien peintre de l’Académie, particulièrement sensible à l’éducation artistique des femmes.Geneviève Favart meurt en 1833 et est inhumée au cimetière de Montmartre. Son inventaire après-décès, dressé le 28 juin 1833 précise « neuf cadres renfermant des portraits, pastels et gravures représentant des portraits de fa

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