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Lot n° 31

MAISON IMPÉRIALE NAPOLÉON ÉTABLIE AU CH TEAU D'ECOUEN...

Result :
Not available
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Subscribers only

Rare album manuscrit de la Maison impériale d’Écouen, 1 vol. oblong, 49 feuilles sous serpentes dont 23 feuilles manuscrites, reliure plein maroquin rouge à longs grains, dos lisse orné, large frise décorative de style Empire avec 4 bustes égyptiens encadrant les plats, le chiffre monogrammé « JL » en lettres dorées aux centres, bordures int. guillochées, contre-plat et première garde de papier vert, tranches dorées ; sous étui cartonné, avec fine guirlande de feuilles de chênes et glands en encadrement (reliure de l’époque). Étiquette du fournisseur sur le contre-plat “Le Comte, Md papetier, au Portefeuille et au Griffon, rue de Thionville, n°25”. Petites épidermures et usures d’usage. Format in-8°. Époque Empire, circa 1812-1814, ajouts en 1829. H. 14 x L. 22 cm (fermé). Historique Album d’une pensionnaire de la Maison impériale d’Ecouen. D’après la date inscrite sur la page de titre, la jeune élève est entrée au sein de l’institution destinée aux filles des membres de la Légion d’honneur, en mars 1812. Elle y consigne à côté de quelques dessins au crayon, représentant des paysages pittoresques, de nombreux poèmes et pensées morales dispensées alors par Madame Campan ; parmi elles, on retiendra la définition d’un bon cœur, de la pudeur, le portrait de l’amitié, les préceptes de conduites pour trouver le vrai bonheur, etc. Dès janvier 1814, peu avant la chute de l’Empire et la fermeture de la maison d’éducation, notre élève semble avoir quitté l’institution et fait allusion aux événements de l’époque, avec les sonnets Les adieux à Ecouen, À la violette et Idylle à la Violette, rappelant les Cent-Jours ; elle évoque encore quelques souvenirs en mentionnant plusieurs fois Madame Beaufort d’Hautpoul (1763-1837), une des éducatrices de l’école d’Ecouen, et future femme de lettres, dont on retrouve peut-être, un portrait esquissé au milieu de l’album et cet impromptu adressé à Madame Campan qui voulait placer la statue du Silence dans son jardin. Le manuscrit est repris vers 1829 avec plusieurs pensées et aphorismes d’écrivains, dont Madame Deshoulières (1638-1694) et Narcisse Achille de Salvandy (1795-1856). Avec l’avènement de l’Empire, Napoléon Ier a pour volonté de permettre aux filles de soldats ou de fonctionnaires pauvres d’accéder à une éducation moderne et complète leur permettant d’avoir “une existence digne et indépendante”. Il fonde à cet effet la maison d’éducation de la Légion d’honneur en 1805 et place à sa tête Henriette Campan (1752-1822), alors pédagogue reconnue. Cette dernière, d’abord lectrice des filles de Louis XV, devient par la suite attachée aux services de la dauphine puis de la Reine Marie-Antoinette. Elle échappe de justesse à la guillotine sous la Révolution et fonde après la chute de Robespierre une institution privée pour jeunes filles. Situé dans le château d’Ecouen, l’établissement s’éloigne du modèle des pensionnats de jeunes filles pour se rapprocher de celui des institutions d’enseignement secondaire pour garçons. Ainsi, le cursus est très long (entre 6 et 18 ans), fondé sur une progression de classe en classe au fil d’examens de passage et les cours y sont dispensés par des professionnels. Madame Campan prône l’honnêteté des femmes instruites et si elle a pour objectif principal de former de futures maîtresses de maison, elle souhaite que celles-ci aient la culture nécessaire pour tenir un salon, son enseignement : “Rendre les élèves autonomes et leur assurer une existence digne et indépendante”. Le grand succès du château conduira à l’ouverture d’un deuxième établissement en 1811 dans l’ancien cloître de l’abbaye de Saint-Denis. De nos jours, les maisons de la Légion d’honneur demeurent des établissements d’excellence formant encore les jeunes filles. Littérature - Bonneville de Marsangy Louis, Madame Campan à Écouen : étude historique et biographique d'après des lettres inédites, Paris, Éditions H. Champion, 1879, VI-343 p., in-8°. - Sofio Séverine, La parenthèse enchantée XVIIIe-XIXe siècles, CNRS éditions, 2016.

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