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Lot n° 28

MANUSCRIT MUSICAL DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LA REINE...

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Johan Simon MAYR (1763-1845), compositeur. Médée à Corinthe, 1813. Manuscrit musical de forme oblongue, en italien, titre imprimé sur un plein maroquin rouge, dos lisse orné de frises et fleurons dorés, large bordure de trois frises dorées encadrant les plats, reliure chiffrée “C” sous couronne royale de Naples pour Caroline Murat, née Bonaparte (1782-1839), tranches dorées, gardes de soie verte (reliure de l’époque). Des rousseurs. 308 pages, format in-4°. Second acte seul, contenant les scènes et airs : Caro albergo, Atica notte, Tartaro profondo, Non palpitar, mia vita (duo), I dolci momenti , Se il sangue, la vita (duo), Cavatina Amor, per te penai, Ah, che tento ?, Era tua sposa. Historique Originaire de Bavière, Johan-Simon Mayr (1763-1845) s’installa en Italie dès 1787, à Venise puis à Bergame, où il succéda à Lenzi comme maître chapelle de la basilique Sainte-Marie majeure. Ayant débuté avec la musique religieuse, Mayr fut surtout réputé pour ses soixante-dix opéras dont les succès dépassèrent largement les frontières de l’Italie ; mais il déclinait les propositions de toutes les cours d’Europe, désirant rester à Bergame. Il fit sans doute une exception en dédicaçant son opéra Médée à Corinthe à Caroline Bonaparte, épouse du Roi de Naples Joachim Murat, il composa d’ailleurs encore trois opéras pour elle : Elena e Costantino en 1814, Arianna in Nasso et Cora en 1815. La Reine Caroline avait toujours privilégié les arts et s’était montrée une mécène hors pair. C’est elle qui avait soutenu Giovanni Paisiello (1740-1816) et Ferdinando Paer (1771-1839) qui deviendront parmi les compositeurs préférés de Napoléon, et il est très probable qu’elle ait commandé l’opéra à Mayr, alors très en vogue dans le domaine lyrique. Pour honorer une commande aussi prestigieuse que celle-ci, Mayr s’était associé à Felice Romani (1788-1865), grand librettiste de l’époque. “Le livret fut aussitôt loué pour sa simplicité, mais l’intendant de la Cour exigea de profonds remaniements musicaux pour se conformer au goût français en vigueur à la Cour de Naples (…) Ainsi, Medea in Corinto devient le premier opéra de style français directement écrit en italien.” (op. cit. article de Waldemar Kamer, à propos de la partition originale de Mayr). L’opéra fut un triomphe et est encore considéré comme le chef d’œuvre de son compositeur. La prima donna du San Carlo, Isabella Colbran (plus tard épouse de Rossini) tint le rôle titre, avec Manuel Garcia, et la fille de celui-ci alors âgée de cinq ans, la future chanteuse de légende Maria Malibran, dans le rôle du fils de Médée. L’opéra fut donné à la Scala de Milan, puis régulièrement à Dresde, Paris et Londres. Mayr fut le maître qui révéla Gaetano Donizetti (1797-1848), et c’est avec lui qu’il remania son œuvre pour des versions postérieures et dont des versions autographes sont également connues. Provenance - Bibliothèque personnelle de Caroline Murat, reine de Naples. - Collection privée. Exposition « Caroline sœur de Napoléon, Reine des Arts », Ajaccio, Palais Fesch, juin-octobre 2017, n° 115.

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