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Lot n° 27

Salomon-Guillaume COUNIS (1785-1859)

Result :
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Portrait d’Albertine de Staël (1797-1838), duchesse de Broglie, d'après François GÉRARD, 1824. Miniature ovale peinte sur émail, signée et datée en bas à gauche “Counis, 1824”, inscriptions au dos, sur le contre-émail : “Madame la Duchesse de Broglie (d’après Gérard), 1824”. H. 8 x L. 6,7 cm. Dans un beau cadre rectangulaire en bronze doré à suspendre, à décor de palmettes. H. 12,2 x L. 11 cm. Historique Albertine de Staël est la fille unique de Madame de Staël et l’épouse de Victor de Broglie (1785-1870), duc et pair de France. Femme d’une grande intelligence, formée aux lettres, elle seconde fort habilement son époux dans sa carrière politique. Adepte convaincue du “réveil protestant”, elle fonde l’Association biblique des dames de Paris. Mère de quatre enfants, elle décède à l’âge de 41 ans, au château de Broglie dans l’Eure. Le château de Broglie, toujours propriété de la famille, est restauré vers 1820 par Victor de Broglie et abrite une collection de soixante mille volumes dont les livres de madame de Staël venus de Coppet. Une réplique du portrait de Madame de Staël par Gérard y est conservée ainsi que le portrait d’Albertine de Staël par Gérard qui a servi de modèle à la miniature de Counis. En 1965 il était accroché dans la chambre du prince Jean. La miniature de Counis sur émail reprend le cadrage en buste du portrait de Gérard tout en l’adaptant à un format ovale. Le dossier sur lequel la duchesse est assise a disparu, remplacé par un fond neutre foncé qui fait ressortir le teint diaphane de la jeune duchesse. La beauté d’Albertine de Staël était réputée, aussi la comtesse de Boigne, dans ses Mémoires, dit à son sujet : “Malgré des cheveux d’une couleur hasardée et quelques taches de rousseur, Albertine de Staël était une des plus ravissantes personnes que je n’ai jamais rencontrées, et sa figure avait quelque chose d’angélique, de pur et d’idéal que je n’ai vu qu’à elle. Sa mère en était heureuse et fière », tandis qu’Alphonse de Lamartine, qui a eu la chance de la rencontrer peu de temps après la mort de sa mère, parle “d’une beauté pour ainsi dire immatérielle (...) Elle avait une de ces beautés religieuses dont le vrai cadre est un sanctuaire ; toutes les pensées qui traversaient ses beaux yeux semblaient venir directement du ciel, et s'adoucir seulement en regardant les choses d'ici-bas pour ne pas les consumer et les pulvériser du regard. Son âme, en effet, habitait les tabernacles d’en haut : c'était la mère de famille telle que Raphaël aurait pu la peindre, si la Vierge avait eu d’autres enfants qu'un Dieu !”. En 1845, dans “Voyage en Italie”, l’écrivain Gustave Flaubert quant à lui pondère cet émerveillement : "sa fille [de Mme de Staël] Mme de Broglie. Un abîme entre ces deux femmes : c'est l'artiste d'un côté, et de l'autre la femme comme il faut, la femme honnête dans toute l'étroitesse de ses moyens physiques et moraux." Les collections du château de Coppet conservent un autre rare portrait d’Albertine de Staël, peint par Ary Scheffer (1795-1858). Littérature - Alphonse de Lamartine, “Cantique sur la mort de la duchesse de Broglie”, Recueillements poétiques, Paris, 1839. - Alphonse de Lamartine (1790-1869), Souvenirs et portraits, Tome 1, Paris, 1871. - Boigne, Éléonore-Adèle d’Osmond (1781-1866 ; comtesse de), Récits d’une tante : Mémoires de la comtesse de Boigne née d’Osmond. T.1 / publié intégralement d’après le manuscrit original, Paris, Emile-Paul Frères éditeurs, 1921. - Connaissance des Arts, n° 164, octobre 1965.

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