Willem Bastiaan Tholen, un impressionniste néerlandais à la fondation Custodia

On 08 October 2019, by Caroline Legrand
Willem Bastiaan Tholen (1860-1931), Ruelle, 1896, huile sur toile, 56 33,5 cm.
© Groninger Museum, Groninger, prêt J.B. Scholtenfonds

Une harmonie parfaite. Au premier coup d’œil sur les 180 gravures, dessins et peintures, on perçoit cet équilibre, évident pour l’artiste, entre un naturalisme simple et authentique hérité de la tradition du paysage hollandais, pratiqué au sein de l’école de La Haye, et l’impressionnisme exploré à Amsterdam à cette époque. Contemporain de Van Gogh, il vécut cette période effervescente où se sont succédé les avant-gardes picturales. Mais Tholen resta fidèle toute sa vie à cette peinture de plein air, à la nature et à son pays. Cette première exposition de son œuvre organisée en France présente son travail de manière chronologique. Sa science maîtrisée du cadrage se révèle dès ses premières peintures de la région de Kampen, où il enseigna le dessin. Jamais choisis au hasard, ses paysages sont parfaitement construits, avec une succession de plans qui accompagnent le regard vers l’horizon. S’il s’inscrit encore dans la suite de son maître Paul Gabriël, le peintre va bientôt s’ouvrir à plus de modernité, à la lumière et à de nouvelles thématiques à Ewijkshoeve, à partir de 1885, sous l’influence d’un groupe d’artistes mené par Willem Witsen. On découvre alors des sujets intimistes avec Les Sœurs Arntzenius, ou sociaux avec les ouvriers du bâtiment décrits dans Maisons en construction. Les motifs urbains se développent, comme la fascinante vue de l’Embarcadère d’Enkhuizen, tandis que les marines sont toujours omniprésentes avec notamment, en 1929, Zuiderzee, apothéose du genre où la mer et le ciel envahissent la toile. À partir de 1901, Tholen navigua à bord de son voilier l’Eudia, à la manière d’un Monet travaillant sur son bateau-atelier, au plus près du motif. La fin du parcours est d’ailleurs consacrée à ses croquis et ses esquisses au trait sûr, dont il remplit d’innombrables carnets, et à ses aquarelles à la touche claire et légère. Une peinture pour le moins séduisante, à consommer sans modération !

Fondation Custodia,
121 rue de Lille, Paris 
VIIetél. : 01 47 05 75 19.
Jusqu’au 15 décembre 2019.
www.fondationcustodia.fr
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