Victory on the Armory

On 13 March 2019, by Pierre Naquin

Alors que l’édition 2019 devait célébrer le quart de siècle de l’Armory Show, les derniers jours avant l’ouverture ont été marqués par des problèmes structurels sur un des bâtiments. Incident qui affecta plus ou moins toutes les foires de la ville…

Plastic Bags de Pascale Marthine Tayou, à l’Armory Show 2019.
Photo Teddy Wolff. Courtesy The Armory Show

Pas de pot. Alors que tout était en place pour une belle fête d’anniversaire, l’attention sur la dernière semaine avant l’ouverture de cette édition de l’Armory Show fut entièrement absorbée par les incidences en cascade des soucis structurels du Pier 92. Les marchands, relogés au Pier 90, s’inquiétaient de ne pas avoir la même visibilité, Volta devait tout simplement annuler  pardon, «repousser»  sa foire, les autres «off» cherchant à récupérer les exposants laissés sur le carreau, quand quelques bonnes âmes offraient un plan B aux derniers malheureux. Finalement, sur la foire principale, tout s’est passé pour le mieux  ou presque. Les ventes étaient nombreuses dans toutes les gammes de prix. La galerie Wentrup se défaisait de deux pièces de la série «Social Fabric» de Nevin Aladag pour 38 000 $ chacune, de l’une de David Renggli pour 33 000 $, Ach so wert von hier (Kinderlied, 2019) de Gregor Hildebrandt partant pour 42 000 $, tout comme trois éditions de Miriam Böhm et Edinic Sometimes Idyll (2017), de John McAllister. Benjamin Lee Ritchie Handler, de Nicodim, «triplait la liste d’attente pour les œuvres de Moffat Takadiwa». Il rendait hommage à Arcadia Hartung, en charge de la production, dont il précise être «un peu [beaucoup] amoureux». La galerie suisse Eva Presenhuber s’en sortait une nouvelle fois très bien, en plaçant des œuvres «de Jean-Marie Appriou, Lucas Blalock, Verne Dawson, Latifa Echakhch, Wyatt Kahn et Ugo Rondinone», précisait Jill McLennon, la directrice états-unienne. Meliksetian Briggs vendait plusieurs travaux de Meg Cranston, à 26 000 $ chacun, et d’autres de Todd Gray, à 22 000 $. Stefan von Bartha se séparait quant à lui de neuf pièces. Il précisait  comme Laurence Miller  que «l’interaction entre les espaces du Pier 90 et du 94 fonctionnait mieux qu’avec le 92». Le fait que la foire ouvre plus tôt sur Pier 90 nous a certainement aidés», ajoutait Hollis Taggart, qui a placé pour plus de 575 000 $ d’installations de Leo Villareal. James Cohan cédait sa plus grande production de Xu Zhen pour 100 000 $, ainsi que trois autres plus petites, tout comme les Lightboxes de Spencer Finch, à 70 000 $ chacune : «Les gens aiment bien râler à propos de l’Armory, mais elle reste l’une des meilleures opportunités de rencontrer ou revoir ses clients.» Tafeta vendait, pour sa première présence, 27 000 $ un dessin de 1957 de Ben Enwonwy Mbe à un collectionneur madrilène, quand David Castillo plaçait une œuvre de Sanford Biggers dans la collection du couple Bassin pour 50 000 $, une peinture de María de los Angeles R.J. chez Brown et Diefenbach pour 10 000 $, une toile de Vaughn Spann pour 28 000 $, une grande photo de Xaviera Simmons chez Denise Vohra à Londres, une autre ayant été négociée à 40 000 $ auprès d’Agnes Gund. «Nous avons vendu autant que l’année dernière, mais avons obtenu nettement plus de contacts», constatait-il. La galerie italienne Luce cédait, elle, une huile de Caitlin Cherry à la Dean Collection. «Nous avons placé toutes les œuvres que nous présentions», s’exclamait Iliya Fridman (Fridman Gallery). Même chose pour Tif Sigfrids, qui voyait partir «presque tout le stand de peintures de Becky Kolsrud dès le premier jour». David Roberts, de la galerie Alan Cristea, plaçait «plusieurs ensembles du nouveau projet de Baselitz inauguré sur l’Armory Show, ainsi que cinq des huit portraits de la nouvelle série de Julian Opie, deux dessins de Barbara Walker Mbe, ainsi que des œuvres de Rana Begum, Jim Dine, Josef Albers, Christiane Baumgartner, Howard Hodgkin et Richard Woods.» Chez Archeus, un Outrenoir de Pierre Soulages dépassait le million de dollars, quand plusieurs sculptures de DeWain Valentine trouvaient également preneurs…
Volta sauvée
Les manifestations «off» étaient marquées par l’annulation de Volta, suite à la décision de l’Armory de réquisitionner le Pier 90 pour ses propres exposants. La mesquinerie de MMPI  le propriétaire de l’Armory Show et de Volta  voulait que la foire ne soit pas annulée mais «reportée», ce qui lui permettait de minimiser sa responsabilité vis-à-vis de ses exposants en sachant pertinemment que les petites galeries initialement prévues en souffriraient durablement. Qu’à cela ne tienne, les deux autres manifestations  Art on Paper et Scope  récupéraient une partie des exposants, et un mini-événement était monté en à peine dix jours : le bien-nommé Plan B. Sur celui-ci, tous s’accordaient à dire qu’un plan B valait mieux qu’une annulation sèche. «Avant la foire, nous étions tous choqués. Ce genre de choses n’arrive jamais», remarquait ainsi Renata Bianconi. Pour finir, je suis très heureuse. J’ai vendu davantage que l’année dernière sur Pier 90», notamment des peintures et sculptures de Fausta Squatriti réalisées entre 1964 et 1967. Même constat pour Jerome O’Drisceoil (Green on Red Gallery) : «Nous avons eu plus de couverture médiatique, plus de ventes et plus de nouveaux clients que lors de n’importe quelle édition précédente de Volta. Surtout, la camaraderie sur cet événement m’a rappelé les premières heures de Volta». «L’énergie était très bonne et les visiteurs curieux de découvrir ce nouveau format sorti de nulle part. La qualité du public était vraiment impressionnante», renchérissait Zavier Ellis (Charlie Smith London). Celui-ci vendait presque toutes (huit sur douze) ses peintures de Sam Jackson, «dont une à un musée». D’autres trouvent au contraire que l’audience n’était pas là : «On n’a pas eu l’impression que les collectionneurs constituaient la majorité du public», précisait ainsi Sarah Mashaal (Duran Mashaal). «Une bonne partie de mes clients ne sont pas venus jusqu’à Chelsea, indiquait Peter Frey, et l’on ne peut pas comparer le fait d’avoir 3,5 mètres sur un mur et un vrai stand.» Pas faux. Comme sur toutes les éditions de Scope, le bon côtoyait le pire et pour les galeries «initialement Volta», il était parfois difficile de s’y retrouver, comme pour Anna Evtiugina (Kultproekt) : «Nous étions reconnaissants quand Scope nous a proposé de participer à la dernière minute, mais je trouve que la foire manque de visibilité parmi tous les événements de la semaine. La plupart des visiteurs pensaient davantage à s’amuser plutôt qu’à acheter ou à en apprendre plus sur les artistes exposés». D’autres, telle NL=US (Clemente Brakel), ont «plutôt bien vendu, même si Scope devrait réfléchir à mettre en place un comité de sélection». Glenn Allen, qui, après vingt ans de collection, s’essaie au métier de galeriste avec une première participation à une foire, vendait plutôt bien : deux pièces de Damien Harris, l’une de Bryten Goss, une peinture de Matt Wycoff et deux de Kade Marsili.
Un certain soulagement
Sur Art on Paper, la grande foire (plus de 150 exposants) spécialisée dans les œuvres sur papier, les résultats sont généralement plus sûrs. Gibbons & Nicholas plaçait des feuilles d’Anita Groener à Milan, Zurich et New York. «L’arrivée de certaines galeries de Volta a ajouté de l’excitation à l’excitation», selon Ciara Gibbons, qui aimerait néanmoins «plus de connexions avec la foire principale». Susan Eley, l’une des rescapées de Volta, était heureuse de ses ventes : quatre sur les neuf pièces présentées. «Dommage que cela se concentre sur les petits prix», précisait-elle toutefois. Également recueillie, Kat Griefen, d’Accola Griefen Fine Art, se séparait d’œuvres «de tous les artistes sur le stand. Les ventes ne se sont pas focalisées sur le vernissage. Nous sommes heureux de voir qu’il y avait de l’animation sur toute la durée de la foire», ajoute Tze Chun (Uprise Art). Après une semaine intense, la plupart des exposants sont soulagés. Heureux de voir que New York est toujours  et de loin  la capitale du marché de l’art mondial et que la ville résiste aux marasmes des autres places. Prochaine étape locale : dans deux mois pour Frieze. See you 

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