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Victor Charreton : destination Auvergne

Published on , by Caroline Legrand

A Clermont-Ferrand, plus d’une trentaine d’œuvres de Victor Charreton feront admirer les paysages auvergnats. A ses côtés quelques-uns de ses inséparables compagnons de l’école de Murol.

Victor Charreton (1864-1936), Le Château, l’église et le moulin, huile sur toile,... Victor Charreton : destination Auvergne
Victor Charreton (1864-1936), Le Château, l’église et le moulin, huile sur toile, 105 150 cm (détail).
Estimation : 20 000/30 000 

Victor Charreton, peintre d’origine iséroise, est devenu une institution en Auvergne, mais aussi au sein de l’étude Vassy-Jalenques depuis la première grande dispersion de ses œuvres, en 1996 à Chamalières. On en dénombre cette fois trente-sept, provenant d’une part de la succession d’un particulier, de l’autre de la famille de l’artiste, auxquelles s’ajoute une trentaine d’autres, signées de ses amis de l’école de Murol. Tous partagent un même objectif : peindre la nature au plus près du motif ; ils s’inscrivent ainsi dans la suite des impressionnistes, conservant de leur manière l’exigence du pleinairisme. Murol, petit village niché au cœur du massif auvergnat, devient entre 1910 et 1930 le point de rendez-vous idéal pour eux, attirés vers ces terres authentiques et préservées par les personnalités rayonnantes qu’étaient Victor Charreton, mais aussi l’abbé Léon Boudal (1858-1934). Le charismatique curé de la paroisse, passionné de peinture, a eu la riche idée de fonder en 1912 le premier syndicat d’initiative du lieu, afin d’attirer des artistes de tous horizons. Sa Vue de Murol sur toile est annoncée à 4 500/5 500 €. Charreton découvre quant à lui la région à la suite de son mariage en 1893 avec Elmy Chatin, la fille d’un entrepreneur de La Sauvetat et sœur d’un de ses amis de l’école de droit. Attiré depuis toujours par les arts – il est aussi féru de poésie –, il expose en 1894 au Salon de la Société lyonnaise un paysage de Montpeyroux. Sa passion prend bientôt le pas sur sa profession, et il décide de vendre son étude en 1902. Sa réputation n’est déjà plus à faire. À Paris, il a pour amis le galeriste Georges Petit, le ministre Étienne Clémentel, les artistes Auguste Rodin, Claude Monet ou Pierre Bonnard. C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il fonde en 1903 le Salon d’automne. Médaille d’or au Salon des artistes de 1913, il obtient l’année suivante la Légion d’honneur au titre des Arts et des Belles Lettres. Mais la simplicité et l’humilité de Victor Charreton conviennent mieux à la vie en Auvergne. Il y multiplie les séjours, en particulier à partir du début de la guerre, achetant finalement à Saint-Amant-Tallende en 1922 la maison forte de la Tour fondue. Ce sont Le Château, l’église et le moulin de la petite ville que l’on peut admirer sur cette grande toile : une composition synthétique qui rend un bel hommage à cette commune qu’il a finalement peu représentée, lui préférant les paysages bruts des alentours. Il fait comme à son habitude scintiller des couleurs irisées, nées sous les rayons du soleil d’un « hiver sans neige », précise une mention manuscrite à l’arrière de la toile… comme un regret pour celui qui aime particulièrement rendre la poudreuse et ses variations de textures et de tons grâce à une pâte épaisse, déposée souvent au couteau, comme pour la toile Toits de Murol (9 000/11 000 €) ou l’huile sur carton intitulée Hiver (4 000/6 000 €). Bien des différences stylistiques marquent les adeptes de l’école de Murol. Mais ils partagent une même relation intime avec une région, un paysage et des hommes, encore perceptible dans le Laboureur auvergnat de Jules-Émile Zingg, daté 1921 et prisé 10 000/15 000 €, ou Le Village auvergnat de Mario Pérouse (2 000/4 000 €). Une ode à tout un pays de cœur.

Tableaux modernes
Thursday 07 July 2022 - 14:30 (CEST)
19, rue des Salins - 63000 Clermont-Ferrand
Vassy-Jalenques
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