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Un peintre naïf et original entraînait l’art moderne dans son panache de fumée

Published on , by Anne Doridou-Heim

Le Douanier Rousseau, Raden Saleh, Raoul Dufy et un record mondial pour Georges Kars… Un quatuor gagnant pour une vente dédiée à l’art moderne.

Jiri Karpeles, dit Georges Kars (1882-1945), Le Repos au bois, vers 1916, huile sur... Un peintre naïf et original entraînait l’art moderne dans son panache de fumée
Jiri Karpeles, dit Georges Kars (1882-1945), Le Repos au bois, vers 1916, huile sur toile, 81 100 cm.
Adjugé : 281 600 

Séduisant par sa simple naïveté en couverture de la Gazette no 16 du 26 avril, le tableau du Douanier Rousseau (1844-1910) intitulé La Scierie de Bièvres (reproduit page de droite) retenait 153 600 €, un résultat supérieur à son estimation. L’artiste, dont les œuvres développent un charme si particulier, sera sur les cimaises du musée Maillol pour sa prochaine exposition automnale – à partir du 11 septembre prochain. Il se voyait cependant voler la vedette par une peinture inattendue, Le Repos au bois de Jiri Karpeles, dit Georges Kars (1882-1945). Celle-ci (reproduite ci-dessus) déjouait en effet tous les pronostics en s’envolant à 281 600 €, décrochant ainsi un record mondial pour son auteur (source : Artnet). Le précédent était détenu par Les Baigneuses, une toile exécutée vers 1912 et vendue 137 500 £ (156 665 €) chez Christie’s à Londres le 28 février dernier. L’artiste d’origine tchécoslovaque, membre de l’école de Paris, est assez rare sur le marché français. Cette œuvre est datée vers 1916 : Kars a alors quitté la France – rejointe en 1908 après des études à Munich et un séjour à Madrid – pour la Belgique avec son ami le peintre Pascin. Au contact des avant-gardes parisiennes, il s’est ouvert au cubisme sans néanmoins abandonner le réalisme, auquel il demeurera toujours profondément attaché. Exilé en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne supportera pas la tragédie touchant son peuple et mettra fin à ses jours. Sans transition, Le Grand Orchestre (39 47 cm) de Raoul Dufy (1877-1953), peint sur un panneau parqueté, unissait tous ses instruments pour jouer 124 160 € d’un seul air. Quant au Jeune cerf (51 56 cm) aux aguets, objet d’un encadré en page 46 de la Gazette du 10 mai dernier (no 18), il acceptait un prix de 112 640 €. Le gibier – plutôt un brocard d’ailleurs – rappelle le long séjour en Europe du peintre indonésien Raden Saleh (1811-1880) et, en parallèle, son goût pour les scènes de chasse, qui feront son succès. Ainsi du record mondial de 8,9 M€ obtenu le 27 janvier 2018 par une grande Chasse au taureau sauvage lors de la vente orchestrée par la maison Jack-Philippe Ruellan de Vannes. 
 

Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau (1844-1910), La Scierie de Bièvres, vers 1909, huile sur toile, 41 x 33 cm. Adjugé : 153 600 €
Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau (1844-1910), La Scierie de Bièvres, vers 1909, huile sur toile, 41 33 cm.
Adjugé : 153 600 
Friday 17 May 2019 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
Ader
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