Toulon, c’est canon !

On 23 July 2020, by Andrew Ayers

La villa Noailles à Hyères propose une série d’expositions estivales haute en couleur et riche en patrimoine.

Paul Avignon, maître lissier, d’après un carton d’Henri Pertus (1908-1988), Toulon de l’Antiquité à nos jours, 240 592 cm, 1967-1969. Collection de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur. 
© Luc Bertrand / Villa Noailles

Contrainte d’annuler l’édition 2020 de sa Design Parade, la villa Noailles à Hyères propose une série d’expositions estivales haute en couleur et riche en patrimoine. Organisée en «seulement un mois avec un budget divisé par dix», comme le souligne son directeur, Jean-Pierre Blanc, la programmation investit à la fois la villa elle-même et plusieurs sites dans le centre-ville de Toulon. Parmi les propositions toulonnaises, la galerie du Canon célèbre tout l’optimisme de la reconstruction de l’après-guerre en s'intéressant à cinq réalisations architecturales : la Frontale du port (1953) et la mairie (1969) de Jean de Mailly, la chapelle de la Transfiguration (1968) de Jean-Gérard Mattio, la piscine du Port-Marchand (1972) d’Alfred Henry et l’ancien siège de la Caisse d’Epargne (1969), construit par le même avec Jean Beauregard, Émile David et Jacques Chapon, mais également Mattio à la décoration. C’est à l’aune des arts décoratifs que ce patrimoine des Trente Glorieuses est réexaminé, avec dessins, coupes, cartons et photographies d’époque, mais aussi des éléments de décor qui ont orné le siège bancaire – reconverti depuis en hôtel et logements. La villa Noailles avait déjà acquis, pour son site hyérois, la colonne lumineuse de Mattio qui pendait autrefois dans l’escalier : elle a également ici fait ressortir des réserves l’impressionnante tapisserie Toulon de l’Antiquité à nos jours, dessinée par Henri Pertus pour la salle du conseil, la broderie Les Saisons de Gilbert Louage ou encore un panneau en céramique cosigné par Mattio et Christiane Carielle. Si des sensibilités nettement différentes guident la figuration un peu entre-deux-guerres de Pertus, l’abstraction géométrique de Mattio (les frises en céramique de la piscine, un magnifique bénitier…) ou la rigueur orthogonale de Mailly, la couleur joue entre eux le rôle de fil conducteur. Encore redoutablement moderne, mais également empreint de nostalgie, ce patrimoine jusqu’alors mal-aimé gagne enfin ses lettres de noblesse grâce à cette réjouissante petite exposition.

La galerie du Canon, 10, rue Pierre-Semard, Toulon (83).
Jusqu’au 31 octobre 2020.
villanoailles-hyeres.com ou www.ruedesarts.fr/galerie-du-canon
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