Stéphane Janssen

On 01 October 2020, by Céline Piettre

C’est en toute discrétion, dans la relative indifférence des médias, que le galeriste et collectionneur, né à Paris en 1936, s’est éteint le 16 septembre à l’âge de 84 ans.

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Pourtant, ce fils d’un riche industriel belge – son père, avec qui il entretint des relations difficiles, est le patron du groupe Solvay – a marqué de son empreinte le marché de l’art à Bruxelles, où il ouvre une galerie, La Balance, en 1964. Stéphane Janssen a presque 30 ans ; il s’engage alors dans la promotion du mouvement CoBrA, dont les membres fondateurs sont originaires du plat-pays. L’enseigne est située avenue Louise, à côté de l’espace de Marcel Stal. Grand défenseur de l’abstraction de l’époque, ce dernier lui présente Hergé, faisant du créateur de Tintin l’un de ses plus fidèles amis, en même temps qu’un substitut paternel. Mais après avoir cofondé l’ancêtre d’Art Brussels, Stéphane Janssen veut élargir son horizon : direction la Californie, puis l’Arizona. Il y découvre le néo-expressionnisme, se lie d’amitié avec Basquiat et Mapplethorpe, construit une maison troglodyte avec son compagnon le céramiste Michael Jones, qui mourra du sida quelques années plus tard. Sa collection de plus de trois mille œuvres a été exposée en 1986 au Louisiana Museum, puis au Phoenix Art Museum en 2014. Celui qui envisageait une donation aux musées français venait récemment d’offrir un Roger-Edgar Gillet au Centre Pompidou. Humour, excentricité, distinction, mais encore générosité sont les mots utilisés par ses proches pour le décrire. Ses deux fils, Rodolphe et Sébastien, galeristes à Bruxelles, ont repris le flambeau, entretenant le feu sacré d’une passion devenue héréditaire.

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