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Soutine et De Kooning à l’Orangerie

On 28 September 2021, by Virginie Chuimer-Layen

Soutine et De Kooning à l’Orangerie
Willem de Kooning (1904-1997), Woman in Landscape III (Femme dans un paysage III), 1968, huile sur papier, 161 108 cm, Whitney Museum of American Art, New York.
© The Willem de Kooning Foundation / Adagp, Paris 2021, Digital Image
© 
Whitney Museum of American Art

Dans les salles d’exposition temporaire de l’Orangerie se joue un dialogue très puissant entre les œuvres de Chaïm Soutine, artiste «maudit» de l’école de Paris, et celles du peintre de l’école de New York le plus conspué par ses pairs, Willem de Kooning. Jamais traité auparavant en France, ce rapprochement est évoqué avec cinquante toiles, pour certaines de purs chefs-d’œuvre, provenant – entre autres – de la Barnes Foundation de Philadelphie et de la collection Jean Walter et Paul Guillaume du musée français. «J’ai toujours été fou de Soutine – de toutes ses peintures», confiait De Kooning en 1977. Si la première salle explique l’influence d’Ingres, de Matisse ou de Picasso, l’amour des couleurs criardes – presque exagérées – et des formes déjà «informes» puisant à cette source est patent dans ses femmes peintes dès 1949. Au fil des espaces, le parcours souligne leur travail sur la matière et les lignes, comme il éclaire sur les événements culturels ayant marqué l’impact chez l’Américain de l’œuvre du Biélorusse. En effet, en 1950, De Kooning assiste à la rétrospective Soutine au MoMA – partiellement restituée ici – et visite deux ans plus tard la Barnes Foundation, riche des toiles de l’artiste de la bohème parisienne. Ses incroyables et monstrueuses «Women» des années 1950 – comme celle de 1954 intitulée Marilyn Monroe – gagnent alors en expressivité. Par la lumière vibrante d’une pâte de plus en plus enlevée, ses «Femmes-Paysages» des années 1960 et ses ultimes tableaux plus abstraits de la décennie suivante ne cesseront de témoigner de son attrait pour son aîné. L’originalité du sujet n’occultant pas leur passion commune pour la peinture historique – celle de Rembrandt –, mais aussi la (re)découverte d’œuvres peu vues de De Kooning en France – dont une sculpture en bronze – ainsi que de somptueux tableaux de Soutine conservés dans les collections américaines, font de cet événement un immanquable de la rentrée.

Musée de l’Orangerie, place de la Concorde,
Paris 
I
er, tél. : 01 44 50 43 00.
Jusqu’au 10 janvier 2022.
www.musee-orangerie.fr

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