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Sir John Soane’s Museum : Hogarth. La place et le progrès

Published on , by Zaha Redman

L’artiste revient périodiquement sur la scène londonienne. Mais cette occasion est singulière, du fait du lieu qui accueille l’exposition. Le domicile de John Soane, l’architecte néoclassique de la Banque d’Angleterre, avec sa collection d’art extraordinaire et son décor intact depuis le XIXe siècle, résonne prodigieusement...

William Hogarth, «Les quatre parties du jour», Matin, 17361737, huile sur toile,... Sir John Soane’s Museum : Hogarth. La place et le progrès
William Hogarth, «Les quatre parties du jour», Matin, 17361737, huile sur toile, 73,7 61 cm, National Trust Collections, Upton House.
© The Bearsted Collection

L’artiste revient périodiquement sur la scène londonienne. Mais cette occasion est singulière, du fait du lieu qui accueille l’exposition. Le domicile de John Soane, l’architecte néoclassique de la Banque d’Angleterre, avec sa collection d’art extraordinaire et son décor intact depuis le XIXe siècle, résonne prodigieusement avec les œuvres de William Hogarth (1697-1764). Peintre, graveur, philanthrope, Hogarth est le chroniqueur impitoyable des turpitudes londoniennes, du pouvoir infernal de l’argent et de la finance (déjà !), des infamies de l’arrivisme et de la corruption, de l’alcool, de la prostitution et de la pédophilie… Des séries de tableaux, s’apparentant à des contes moraux, qu’il a ensuite trans-posées en gravures. Celles-ci ont bien contribué à diffuser ses messages et à augmenter sa notoriété, mais elles ont fait de l’ombre à sa peinture. Les plus célèbres d’entre elles sont réunies ici, mêlant les deux catégories : «A Rake’s Progress» (La carrière d’un libertin), «A Harlot’s Progress» (La carrière d’une prostituée), «Mariage A-la-Mode», «Industry and Idleness» (Le zèle et la paresse), «Four Times of the Day» (Les quatre parties du jour), «The Four Stages of Cruelty» (Les quatre étapes de la cruauté) et «An Election». Le travail pictural d’Hogarth est incomparable : ses portraits, ses décors et ses lumières nous étourdissent, ses couleurs et ses matières exaltent à la fois la beauté et la crasse, ses compositions sont parfaitement ordonnées pour décrire un chaos extrême et ses découpages sont d’une modernité surprenante, même s’il peuvent aussi être rapprochés des grandes heures de l’art médiéval ou de la Renaissance. Bien que repéré par Diderot, l’artiste n’est pas apprécié à sa juste valeur en France, sa peinture ayant peu traversé la Manche. L’accrochage du John Soane’s Museum vaut donc doublement le déplacement.

Sir John Soane’s Museum,
13, Lincoln’s Inn Fields, Holborn, Londres,
Jusqu’au 5 janvier 2020.
www.soane.org
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