Se régaler avec les maîtres anciens à la galerie Canesso

On 09 March 2021, by Valentin Grivet
Giacomo Liegi (1605-1640/1645), Le Garde-Manger, huile sur toile, 149 188 cm (détail).
© Galerie Canesso

Cochon cuit à la broche, dinde ou chapon rôtis, poissons et araignées de mer. À l’heure où les restaurants restent désespérément fermés, la galerie Canesso met les petits plats dans les grands pour offrir un véritable festin. Après «L’amour de l’art», présentée à l’automne, cette nouvelle exposition thématique célèbre les plaisirs de la table. Au menu, neuf tableaux italiens des XVIIe et XVIIIe siècles. Cela pourrait sembler frugal, mais chaque œuvre est un délice. À l’exception d’un portrait de cuisinier de Niccolò Cassana, d’une Fête champêtre sur la rive d’un fleuve de Giovanni Andrea Donducci, et d’une grisaille d’Enrico Albricci au sujet amusant (La Cuisine des nains), l’accrochage fait la part belle à la nature morte. Chaque détail est rendu avec une extrême minutie, du velouté de la peau des pêches de Fede Galizia à la rugosité des carapaces de crustacés de Giuseppe Recco. Point de nom célèbre ici, seules comptent la qualité et la provenance des peintures. «Cette exposition résulte de plusieurs années de recherches. Ce sont des œuvres rares, dont certaines conservent encore leur part de mystère», confie Maurizio Canesso. Ainsi de l’énigmatique Nature morte de Panfilo Nuvolone, qui associe trois tables : l’une, aristocratique, précieusement nappée, la deuxième mêlant mets, armes et instruments de musique, la troisième prenant des allures de vanité. Inédit, ce grand tableau figurait dans l’inventaire après décès de Pirro Maria Gonzaga, prince de Mantoue, en 1628. Il n’avait, depuis, jamais quitté les collections familiales.

Galerie Canesso,
26, rue 
Lafitte, Paris IXe, tél. : 01 40 22 61 71.
Jusqu’au 14 mai 2021.
www.canesso.art
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