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Révélations, sous le signe des retrouvailles

Published on , by Sophie Reyssat

Venus des quatre coins du monde, les professionnels des métiers d’art et de la création sont impatients de retrouver leur public. Pour une édition où l’Afrique est à l’honneur.

Ghislaine Salhi, La Mer(e), Origine du monde, «Exceptions d’Afrique». © Nohan Fe... Révélations, sous le signe des retrouvailles
Ghislaine Salhi, La Mer(e), Origine du monde, «Exceptions d’Afrique».
© Nohan Ferreira

Repoussée d’une année, la 5e édition du salon Révélations, Biennale internationale des métiers d’art et de la création, prendra place au Grand Palais éphémère. Malgré les vicissitudes internationales, la manifestation parvient à réunir près de 400 exposants venant de 32 pays – sans compter la France, dont plusieurs régions seront mises en avant –, soit quasiment le même nombre de contrées que lors de la précédente édition, en 2019. De nouveaux pays se joignent à l’aventure, comme la Pologne et Chypre, mais aussi l’Azerbaïdjan et les Émirat arabes unis. La Polynésie française signe également sa première participation. Présidente du Salon et d’Ateliers d’art de France, Aude Tahon souligne que « cette nouvelle édition représente des retrouvailles pour les professionnels qui ont été coupés du public. Il y a donc une forte attente. Révélations, c’est aussi une fête autour de la création par la matière, avec des exposants qui sont heureux de se retrouver, un dialogue à l’échelle internationale, et un vrai rendez-vous économique avec un visitorat qualifié. Il attend aussi du Salon un rôle de “curation”, qui est une garantie pour tous les exposants ». Le Comité d’orientation artistique – composé de personnalités du design, de collectionneurs, de galeristes et d’artistes –, veille en effet à la qualité de l’offre. Il accompagne également des créateurs émergents ou des entreprises manquant d’expérience, afin de leur donner leur chance. « Un travail de dénicheur de talents que Révélations mène depuis sa création, en 2013 », précise la présidente. Ce rôle de tremplin se manifestera notamment par la présence des lauréats du Prix de la jeune création métiers d’art, organisé par Ateliers d’art de France : Louis Biron et Anne-Charlotte Saliba pour 2020, Aster Cassel et Marion Hawecker pour 2021. D’autres créateurs auront leurs vitrines sur le stand du Bureau du design, de la mode et des métiers d’art, ou encore sur celui de la Fondation Banque populaire. Dans la droite ligne
de cette démarche, un symposium sur les réformes françaises du système de formation aux métiers d’art intéressera tous les acteurs du secteur, tandis que des cycles de conférences prolongeront le débat sur les problématiques économiques des métiers d’art, leur identité et leur place au sein de la société.


L’Afrique s’invite au Salon
Alors que chaque édition précédente avait choisi de mettre un pays à l’honneur, c’est au tour d’un continent d’être sur le devant de la scène : l’Afrique y sera en effet représentée par quatorze pays. Certains d’entre eux étaient déjà présents en 2019, et les enjeux de la création sur ce continent, tant au niveau patrimonial que contemporain, avaient été débattus dans un premier symposium cette année-là. L’idée de mettre l’Afrique à l’honneur est donc tout naturellement née de la dynamique générée par ces échanges productifs, ainsi que de l’engagement des partenaires. «Ils partagent les valeurs de Révélations, contribuant à montrer que la création par la matière est pleinement artistique», s’enthousiasme Aude Tahon. Une œuvre monumentale et colorée de la céramiste sud-africaine Zizipho Poswa, Magodi – Abongile, sera ainsi l’emblème de cette édition. Dès l’entrée du Salon, et sur les stands collectifs de créateurs, les visiteurs découvriront les œuvres de Côte d’Ivoire, d’Afrique du Sud, Burkina Faso, Cameroun, Sénégal, Tunisie, Madagascar, Maroc et Nigeria. Ces deux derniers partageront également l’affiche du « banquet », aux côtés de la Zambie. Les manifestations partenaires « hors les murs » accueilleront quant à elles les Botswana, Ghana, Kenya, Madagascar, Rwanda, Cameroun, Nigeria et Sénégal. Débutant conjointement au Salon, l’exposition « Exceptions d’Afrique 2 », présentée chez Empreintes, le concept store des métiers d’art situé dans le Marais, se prolongera jusqu’au 18 juin.

Les arts se mettent à table
L’attraction sera toujours « Le banquet », dont la scénographie a été revue. Toujours réalisée par Adrien Gardère, elle a été adaptée à l’espace et à la luminosité du Grand Palais éphémère, dont la façade vitrée s’ouvre largement sur la perspective du Champs-de-Mars et de la tour Eiffel. Comme le précise Aude Tahon, « il demeure la colonne vertébrale du Salon, pensée comme un dialogue des métiers d’art et de la matière à l’échelle internationale ». Catalogne, Chypre, Maroc, Nigeria, Slovaquie, Zambie, Émirats arabes unis, Corée du Sud, Luxembourg et Polynésie française seront au rendez-vous. Inspirés par leur histoire et leurs traditions, les créateurs s’emploieront à sublimer les matériaux de manière parfois inattendue, mariant savoir-faire, innovations et détournements. La simplicité sera de mise pour mettre les œuvres en valeur, en particulier celles de grandes dimensions. Déjà bien présentes en 2019, elles seront encore une tendance de cette édition. « Les pièces murales se développent beaucoup, et la mosaïque, comme le vitrail, sont des métiers qui reviennent sur le devant de la scène », remarque la présidente. En outre, « la question de la transformation et de la récupération de la matière pour la magnifier à travers les œuvres, qui est une préoccupation inhérente aux métiers d’art, rencontre les problématiques d’aujourd’hui concernant l’écologie et l’appauvrissement de la matière ». On l’aura compris, la créativité n’aura pas de limites. Choisies parmi les œuvres exposées, une centaine de pièces uniques seront livrées aux enchères, le vendredi 10 juin, dans une vente organisée par la maison Piasa. Le parcours « Hors les murs » invitera à poursuivre le voyage à travers les pays et les œuvres, des tissages de l’Institut suédois au cabinet de curiosités proposé par la Biennale De Mains de maîtres, au sein de la résidence de l’ambassadeur du Grand-Duché de Luxembourg, en passant par la transformation d’œuvres délaissées, présentées au Mobilier national, ou encore à l’église Saint-Martin-des-Champs. 

à savoir
Révélations, Biennale internationale des métiers d’art et de la création,
Grand Palais éphémère, Champ-de-Mars, Paris VIIe,
Du 9 au 12 juin 2022.
www.revelations-grandpalais.com
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