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Renoir ex aequo avec Domínguez

Published on , by Christophe Provot
Auction on 13 June 2022 - 11:00 (CEST) - Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009

Le plus célèbre des impressionnistes rivalisait avec le grand nom du surréalisme ibérique, les deux artistes recueillant une adjudication équivalente pour des œuvres que tout oppose. La première était en mains privées depuis presque cinquante ans, l’autre découverte au-dessus d’un lit à l’occasion d’un inventaire.

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Vase d’anémones et roses, vers 1907-1908, huile... Renoir ex aequo avec Domínguez
Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Vase d’anémones et roses, vers 1907-1908, huile sur toile, 46,2 38,6 cm.
Adjugé : 279 500 

Si tout semble opposer le Vase d’anémones et roses de Pierre-Auguste Renoir et la toile Americana (70 50 cm) d’Óscar Domínguez (1906-1957), une chose au moins les unit : leur prix, puisqu’elles furent toutes deux adjugées à 279 500 €, dans une surprenante coïncidence dont le marché de l’art a le secret. À dominante rouge, l’œuvre de Renoir fut acquise auprès de lui par Ambroise Vollard avant 1919. Comme nombre de ses semblables, elle a changé plusieurs fois de propriétaire au gré des collections qui se font et se défont, et fut exposée à la galerie Schmit (396, rue Saint-Honoré) à Paris en 1977, là même où serait présentée deux ans plus tard une autre œuvre du maître, Deux jeunes filles lisant (43 34 cm, voir l'article Le bonheur de l’instant par Renoir de la Gazette n° 23, page 59), objet d’un pastel sur papier emporté à 234 000 €. Datée de 1907-1908, la toile qui nous intéresse a sans doute été peinte aux Collettes, à Cagnes-sur-Mer, domaine où Renoir est installé depuis 1903. Sa palette s’y enrichit de couleurs chaudes, notamment du rouge, pour lequel il a une véritable prédilection et que l’on retrouve abondamment dans le portrait de son fils Claude Renoir en clown, conservé au musée de l’Orangerie et peint en 1909. À sa mort dix ans plus tard, Renoir laissera plus de quatre mille peintures, soit plus que Manet, Cézanne et Degas réunis. Discret sur le marché et plus encore européen – à l’exception de l’outre-Manche et de l’Espagne dans une moindre mesure –, Domínguez signe quant à lui un retour remarqué sur les cimaises de Drouot, où il est plutôt rare. On se souvient notamment de sa tonitruante apparition dans la vente de la collection André Breton en avril 2003, où son huile sur toile (Sans titre, 106,8 77,5 cm) exécutée en 1934-1935, figurant une scène tauromachique aux accents forcément surréalistes, fusait à 320 000 € d’après une estimation haute de 100 000. Americana peut se targuer d’un succès similaire puisque l’évaluation de ce véritable casse-tête, tout aussi surréaliste, n’excédait pas 120 000 €. Rappelons qu’elle a été exécutée durant la guerre par le peintre canarien dans le style et avec une signature imitant celle d’Yves Tanguy (voir l'article Un tableau de Dominguez signé Tanguy ? Totalement surréaliste ! de la Gazette n° 22, page 23).

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