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Paris-Athènes. Naissance de la Grèce moderne 1675-1919 au Louvre

On 12 October 2021, by Carole Blumenfeld

Paris-Athènes. Naissance de la Grèce moderne 1675-1919 au Louvre
Benoit Loviot, Coupe transversale du Parthénon, 1879, Paris, Beaux-Arts.
© Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais image Beaux-Arts de Paris

L’affiche est belle mais trompeuse. Loin d’être une douce invitation à la rêverie, « Paris-Athènes » est plutôt un parti pris montrant peu d’estime pour les subtilités de l’histoire grecque et pour le public. Son commissaire, Jean-Luc Martinez, propose de « nous interroger sur la place particulière de l’art grec antique dans les collections du Louvre et, au-delà, sur la vocation singulière de la Grèce dans la construction de l’identité culturelle de l’Europe, et particulièrement de la France ». L’ancien président-directeur du Louvre évoque le bicentenaire des débuts de la guerre de Libération de la Grèce et de l’entrée au Louvre de la Vénus de Milo. La célébration de ce double anniversaire est en soi quelque peu gênante puisque cette icône, découverte par un paysan grec, avait été achetée par le grand drogman phanariote Nicolas Mourouzi – ardent défenseur grec exécuté un an plus tard par les Ottomans – avant que les Français ne cassent la vente en proposant une somme plus consistante. Ce détail a son importance, mais les « détails » historiques gênants, dont l’appareil critique de l’exposition n’est pas encombré, sont légion. Simple curieux ou fin connaisseur de l’histoire grecque, le visiteur a bien du mal à s’y retrouver et à faire le lien entre le titre et le déroulé du parcours. On est d’abord impressionné par l’immense toile du musée des beaux-arts de Chartres, l’Ambassade du marquis de Nointel à Athènes, et par La Dormition de la Vierge, l’une des premières icônes crétoises du Greco, présentée aux côtés des plus merveilleuses productions de ses pairs. La guerre d’indépendance, Lord Byron et le philhellénisme français sont ensuite cantonnés dans un couloir. Mais tout ceci n’est en fait qu’une introduction car, au vu des espaces dévolus aux plâtres, livres, dessins, relevés et photographies, on comprend que Jean-Luc Martinez envisage la naissance de la Grèce moderne à travers l’archéologie. Cette immense section est riche, mais il est malaisé de résumer en quelques panneaux tous les enjeux abordés – le trouble de la découverte de la polychromie antique, les techniques de restitution, la propriété des objets mis au jour, etc. – et l’on reste sur sa faim, à moins d’avoir lu l’imposant catalogue. Enfin, une autre exposition –qui aurait pu être proposée par le Petit Palais ou le musée d’Orsay – occupe le dernier tiers du parcours : la naissance de l’école moderne grecque de peinture. Une multitude de thématiques sont ainsi évoquées, mais toujours très superficiellement : les costumes féminins de la cour royale d’Othon Ier résumant par exemple « la construction de l’identité grecque, entre tradition et modernité », mais aussi le fait que la Grèce fut un royaume à partir de 1832, puisque ce « détail » est à peine traité ailleurs, alors que la part belle est faite à la création de l’école française d’Athènes ou aux fouilles françaises de Délos et de Delphes. « Paris- Athènes » semble avoir été conçu comme un ouvrage de la collection « L’univers des formes ». Mais une exposition, a fortiori sous la Pyramide du Louvre, n’est pas un livre illustré.

Musée du Louvre, Paris Ier,
tél. 
: 01 40 20 50 50,
Jusqu’au 7 février 2022.
www.louvre.fr

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