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Ne m’oubliez pas. Portraits de Dürer à Sofonisba au Rijksmuseum

On 19 October 2021, by Anne Doridou-Heim

Ne m’oubliez pas. Portraits de Dürer à Sofonisba au Rijksmuseum
Sofonisba Anguissola  (vers 1532-1625), La Partie d’échecs, 1555, fondation Raczynski du Musée national de Poznan.
© Musée national de Poznan

Cette exposition, dont on attendait beaucoup tant le programme annonçant près de cent portraits de la Renaissance était ambitieux, tient toutes ses promesses et fera date. Car il ne s’agit rien de moins que d’expliquer la naissance du genre du portrait au temps de l’humanisme. Des prêts rares, illustrant la richesse de la production picturale du sud au nord des Alpes, ont été consentis : le Portrait d’une jeune fille de Petrus Christus, fleuron de la Gemäldegalerie de Berlin, le Double portrait du bourgmestre Jakob Meyer zum Hasen et de son épouse Dorothea Kannengiesser de Hans Holbein le Jeune, accroché au Kunstmuseum de Bâle, ou encore le Portrait d’un homme africain d’Albrecht Dürer (Albertina de Vienne), le plus ancien dessin d’un homme noir de l’histoire de l’art occidental. Au fil d’un parcours thématique divisé en neuf sections – «Prie pour moi», «Admire-moi», «Aime-moi, «Dessine-moi» ou encore «C’est moi» –, on croise les visages d’empereurs, de marchands, d’artistes, de donateurs, de futures épouses et d’enfants disparus, comme autant de petits cailloux rappelant la mission essentielle du portrait : permettre de ne pas disparaître sans laisser de trace, de conserver l’image de l’absent à une époque où la mort s’invite souvent dans la vie. Il est question de satisfaction, de pouvoir et d’ambition, de rédemption, de force de caractère et de richesse, d’érudition, de désir et d’amour et surtout de beauté. À croiser tous ces regards, un constat s’impose : dans toute l’Europe de la fin du XVe et du XVIe siècle, au-delà des différences stylistiques afférentes à chaque école de peinture, les choix et les moyens mis en œuvre pour y parvenir – expression du visage, attention au détail des vêtements et de la décoration, symbolique mise en avant – étaient les mêmes. Une sorte d’universalité artistique qui résonne avec la Renaissance, ce temps d’ouverture sur le monde et sur l’humain.

Rijksmuseum, 1, Museumstraat,
Amsterdam, tél. : +31 20 674 7000,
Jusqu’au 16 janvier 2022.
www.rijksmuseum.nl

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