Natures mortes françaises du XVIIe siècle chez Éric Coatalem

On 26 November 2019, by Agathe Albi-Gervy
Meiffren Conte (vers 1630-1705), Nature morte à l’aiguière, aux livres et à la navette, huile sur toile, 129 196,5 cm.
© Galerie Éric Coatalem.

Soixante ans après la dernière exposition monographique consacrée, en France, aux natures mortes du XVIIe siècle  par la galerie Alfred Daber en 1959 , Éric Coatalem a décidé de faire connaître toute la richesse de ce genre qui constitue l’une de ses spécialités. Un projet s’inscrivant dans la continuité de l’accrochage qu’il avait, il y a dix ans, exclusivement dédié à Louyse Moillon, et de son livre La Nature morte française au XVIIe siècle (éditions Faton, 2014), désormais ouvrage de référence sur le sujet, lequel est venu actualiser un état des connaissances jusqu’alors inaltéré depuis une publication de 1974. Sur la trentaine d’œuvres réunies, cinq sont des prêts exceptionnels de collectionneurs. Ils se mêlent à de nombreux inédits qui viennent enrichir le corpus de leur auteur, à l’image de plusieurs toiles de Louyse Moillon et d’une Vanité au globe céleste de Sébastien Stoskopff, conservée dans la même collection depuis les années 1920. Dans ce même tableau, on aperçoit un miroir de voyage hollandais au cadre d’ébène auquel le galeriste fait un clin d’œil en exposant un rare exemplaire similaire, d’époque. Si des yeux experts repèrent avec bonheur ces redécouvertes, l’ensemble du public peut apprécier la diversité des manifestations du genre. La sobriété des protestants Moillon, Picart et Garnier partage en effet les cimaises avec la profusion théâtrale d’un Monnoyer ou d’un Dupuis. Chacun peut ainsi être interpelé ou effrayé par les memento mori de certains tableaux, autant qu’ébloui par l’éclat du mobilier d’argent disparu de Louis XIV, ou encore alléché par les fruits mûrs débordant de coupes généreuses. Deux pendants d’Alexandre-François Desportes, d’ambition toute versaillaise, comptent au nombre des œuvres de qualité muséale dévoilées ici, au même titre qu’une rare nature morte prenant pour cadre un paysage enneigé : signée Pieter Boel, elle fait contraster le plumage d’oiseaux morts avec la neige immaculée.

Galerie Éric Coatalem,
136, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIIIe, tél. : 01 42 66 17 17.
Jusqu’au 20 décembre 2019.
www.coatalem.com
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