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Nadja, un itinéraire surréaliste au musée des beaux-arts de Rouen

Published on , by Christophe Dorny

Les spécialistes du surréalisme en sont persuadés : tout le monde a lu ou se souvient de Nadja, le livre culte d’André Breton publié en 1928. Rien n’est moins sûr… Mais il n’est pas nécessaire de s’être plongé dans les pages de ce « monument » de la littérature, rédigé en partie en Normandie au manoir d’Ango, pour voir...

Léona Delcourt (1902-1941), dite Nadja,  Le Rêve du chat, 1926. Paris, Centre Pompidou,... Nadja, un itinéraire surréaliste au musée des beaux-arts de Rouen
Léona Delcourt (1902-1941), dite Nadja,  Le Rêve du chat, 1926. Paris, Centre Pompidou, MNAM Centre de création industrielle.
© Centre Pompidou, MNAM-CCI

Les spécialistes du surréalisme en sont persuadés : tout le monde a lu ou se souvient de Nadja, le livre culte d’André Breton publié en 1928. Rien n’est moins sûr… Mais il n’est pas nécessaire de s’être plongé dans les pages de ce « monument » de la littérature, rédigé en partie en Normandie au manoir d’Ango, pour voir cette exposition. Comme le confie Alexandre Mare, commissaire de l’exposition avec Sylvain Amic : « Faire une exposition Nadja, ce n’est pas tant faire une exposition sur un livre que d’ouvrir un ensemble de fenêtres sur l’histoire du surréalisme vers 1926-1928. » Avant d’avoir été transposée en récit, une rencontre amoureuse a effectivement existé. Celle d’André Breton avec une jeune femme croisée par hasard dans une rue à Paris, qui s’est nommée à lui Nadja. Une brève histoire de désir partagé et une correspondance écrite s’ensuivent. S’appuyant sur l’étonnante maquette du livre qui incorpore plusieurs dizaines de photographies, le propos est de nous « révéler » Nadja comme un roman à clefs, truffé d’indices en relation avec l’effervescence surréaliste. Phrases, simples mots ou images du récit nous emmènent vers les champs magnétiques chers aux surréalistes : la déambulation hasardeuse, Paris, les Puces, le sommeil, la divination, les yeux, le motif du gant illustrés par des tableaux, photographies et documents. Puisée à la source du texte, cette constellation, où l’on croise notamment Éluard, Boiffard, Brauner, Picasso, Lise Deharme et Valentine Hugo, est finement pensée. Et Léona Delcourt ? Cette « vraie femme » derrière Nadja, dont on a récemment commencé à écrire la singulière histoire (voir Gazette 2021 n° 15, page 20), ouvre et clôt l’exposition. Une salle lui est consacrée où l’on peut, enfin, découvrir sa personnalité d’artiste et d’autrice avec ses nombreux dessins et lettres.

Musée des beaux-arts, esplanade Marcel-Duchamp,
Rouen (76), tél. : 02 35 71 28 40.
Jusqu’au 6 novembre 2022.
www.mbarouen.fr
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