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Les arts du XIXe de la collection Lécoules

Published on , by Anne Doridou-Heim

La collection Lécoules offrait une tribune aux ébénistes de la seconde moitié du XIXe siècle, Henry Dasson en tête.

Henry Dasson (1825-1896), table de milieu de forme rectangulaire dite «table des... Les arts du XIXe de la collection Lécoules
Henry Dasson (1825-1896), table de milieu de forme rectangulaire dite «table des Arts» en placage d’amarante, reposant sur quatre pieds en gaine ornés de caryatides en terme, chacune représentant une allégorie des arts, ceinture ornée d’une frise en bronze ciselé et doré, plateau en porphyre d’Égypte, style Louis XVI, datée 1889, 80 98 58 cm.
Adjugé : 106 500 

L’acte II de la vente de la collection Pierre Lécoules, après la dispersion le 9 octobre 2019 des pièces de sa boutique, se concluait sur le produit total de 1 104 253 €. Il s’agissait cette fois du contenu de son appartement et, pour ce mobilier personnel, le marchand parisien avait sélectionné de son œil sûr la plupart des grands des arts décoratifs de la seconde moitié du XIXe siècle : Beurdeley, Zwiener, Sormani entre autres. Cette session voyait l’envol des créations de l’ébéniste Henry Dasson, avec notamment les 103 900 € de l’aérien secrétaire en cabinet aux montants en forme d’ibis, dont les ailes s’étaient déployées en couverture de la Gazette n° 6 (reproduite ci-dessous), et les 106 500 € de cette table (voir ci-dessous). Ce meuble est un parfait exemple de ce que le XIXe siècle a pu produire de mieux en matière de style Louis XVI. Ses quatre pieds gaine sont ornés de caryatides en terme, chacune représentant une allégorie des arts : la Musique, la Peinture, la Sculpture et la Poésie ont donné son nom au modèle, présenté pour la première fois à l’Exposition des produits de l’industrie française de 1880, de la «Table des arts». Il est difficile de faire plus évocateur et l’on comprend que l’ébéniste y ait donné le meilleur de son talent. Cet exemplaire est daté 1889, année de l’Exposition universelle de Paris, dont le rapport général rédigé par Alfred Picard (1844-1913) – également président des jurys de la manifestation – est des plus enthousiastes : «M. Dasson, dont le crédit universel défie toute concurrence, nous présente une exposition remarquable dans laquelle les styles Louis XIV, Louis XV et Louis XVI refleurissent avec éclat». Plus loin est évoquée «sa petite table Louis XVI en vieil acajou, dessus en porphyre, avec quatre pieds formés de fines statuettes en bronze ciselé»… Il est tentant d’y voir ce meuble, cette fois honoré d’une belle enchère.
 

Le mobilier du Grand Siècle était dignement représenté par cette commode à tambour (83,5 x 128,5 x 58 cm) à décor marqueté en laiton sur f
Le mobilier du Grand Siècle était dignement représenté par cette commode à tambour (83,5 128,5 58 cm) à décor marqueté en laiton sur fond d’écaille de rinceaux, vrilles et enroulements gravés, déposée à 40 912 €. Si le modèle original est une invention du grand André-Charles Boulle vers 1705-1715, toujours en quête de nouveauté en matière de techniques et d’évolution formelle, celui-ci est une réplique de l’ébéniste Monbro, dit Monbro l’aîné (1807-1884). La maison, fournisseur de mobilier pour la monarchie de Juillet et le second Empire, s’était fait une spécialité dans la réédition et la création de meubles associant
le métal et la carapace de la tortue.
Si HenryDasson choisissait l’ibis, Emmanuel Alfred Beurdeley, dit Alfred II (1847-1919), sélectionnait un autre volatile exotique ! L’autr
Si HenryDasson choisissait l’ibis, Emmanuel Alfred Beurdeley, dit Alfred II (1847-1919), sélectionnait un autre volatile exotique ! L’autruche, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, prêtait aimablement sa silhouette et se démultipliait pour se faire support d’une paire de candélabres en bronze ciselé et doré à sept bras de lumière (81,5 45 45 cm), éclairés de 40 263 €. L’effet était des plus réussis pour ces objets, exacte réplique de ceux exécutés par François Rémond pour le second cabinet turc du comte d’Artois à Versailles (livraison en 1782). D’autres exemplaires sont référencés, mais on ignore le nombre exact produit par la maison Beurdeley, certainement à la suite d’une commande.

Henry Dasson est également l’auteur de ce secrétaire en cabinet (104 x 114 x 44,5 cm), ouvrant par un large abattant découvrant une cavité
Henry Dasson est également l’auteur de ce secrétaire en cabinet (104 x 114 x 44,5 cm), ouvrant par un large abattant découvrant une cavité et quatre petits tiroirs sur deux rangs. Avec son décor en façade d’un panneau en laque takamaki-e or – animé de paons posés sur un tronc d’arbre – dans des encadrements d’amarante, et ses montants antérieurs en forme d’ibis aux ailes déployées dont les pattes se terminent par trois griffes, le meuble aérien exprime le meilleur de cet éclectisme qui, à la fin du XIXe, a su combiner influence extrême-orientale et réminiscences du siècle précédent. Il était adjugé 103 900 €.
Après Dasson et Beurdeley, place à Paul Sormani (1817-1866), autre figure majeure parmi ces ébénistes ayant su brillamment réinterpréter l
Après Dasson et Beurdeley, place à Paul Sormani (1817-1866), autre figure majeure parmi ces ébénistes ayant su brillamment réinterpréter le mobilier du XVIIIe. Le créateur choisi par l’impératrice Eugénie pour ses palais livrait ici un secrétaire à abattant (153 108 42 cm) à décor marqueté de rinceaux fleuris, d’une corbeille de fleurs et de globes terrestres, né de la fusion de deux modèles Louis XVI livrés par Jean-Henri Riesener, le premier pour Marie-Antoinette en 1783 (et actuellement conservé au Metropolitan Museum de New York). Il s’agit donc d’une création de Sormani doublement inspirée, laquelle était retenue à 46 757 €.
Friday 18 March 2022 - 14:00 (CET) - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009
Farrando
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