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Le kaléidoscope italien d’un jeune peintre, Auguste Vinchon

Published on , by Philippe Dufour

Réunies dans un cadre spécialement conçu à cet effet, ces vues multiples évoquent le séjour inspirant du lauréat du grand prix de Rome 1814, Auguste Vinchon.

Auguste Jean-Baptiste Vinchon (1789-1855), 24 vues d’Italie de différents formats,... Le kaléidoscope italien d’un jeune peintre, Auguste Vinchon
Auguste Jean-Baptiste Vinchon (1789-1855), 24 vues d’Italie de différents formats, la partie centrale montrant les Jardins de la villa d’Este à Tivoli (31,5 50 cm) et en bas à gauche Chambre d’artiste à la villa Médicis donnant sur la Trinité-des-Monts (30 44 cm), papiers marouflés sur toile, dimensions du cadre 145,5 152 cm.
Estimation : 80 000/100 000 

La cascade de Tivoli, la via Appia ou encore le mausolée de Cécilia Métella… Au début du XIXe siècle, les noms de ces lieux mythiques, situés dans la Ville éternelle et dans sa région, font rêver les apprentis peintres de l’Europe entière. Parmi ces prétendants à la gloire artistique, Auguste Jean-Baptiste Vinchon est un jeune Français se destinant à la peinture d’histoire ; il fait ses premières armes dans l’atelier de Giuseppe Serangeli, avant de passer chez Jacques-Louis David. Une influence magistrale qui l’aura certainement aidé à conquérir en 1814 le sésame suprême : le grand prix de Rome dans cette catégorie reine. Cependant, il lui faut attendre avril 1816 pour se rendre à la villa Médicis, où il séjournera deux ans et demi, jusqu’à la fin de décembre 1818. Là, outre l’étude obligatoire de l’art académique, le jeune artiste peut s’adonner à une pratique commune à tous ses camarades, et quelle que soit leur spécialité : la peinture de plein air. Cette démarche innovante a été encouragée, dès le milieu du XVIIIe siècle, par les directeurs de la Villa. Elle permet en outre à certains pensionnaires, tels Léon Cogniet ou Jean Alaux, de se confronter à cette discipline. À son tour, Auguste Jean-Baptiste Vinchon va arpenter les environs de Rome et sa campagne avec ses carnets et ses boîtes de couleurs, avant d’effectuer un périple plus lointain vers Naples, Ischia et Paestum… Des paysages comme autant de merveilleux souvenirs de jeunesse, qu’il devait conserver toute sa vie, avant qu’ils ne soient montés par ses héritiers dans des encadrements sophistiqués. Si quatre de ces panneaux ont déjà été vendus par sa descendance à Tours en octobre 1998, sous l’égide de l’étude Odent, entre 180 000 et 260 000 fr chacun (soit de 37 300 à 54 000 € en valeur réactualisée), ce sont quatre nouveaux ensembles qui réapparaissent à Amboise, chacun constitué d’une vingtaine d’œuvres peintes sur papier marouflé, pour un total de 86 peintures. À l’image du panneau ornant notre couverture, qui présente les sites fameux du Latium, des Jardins de la villa d’Este à L’Intérieur de la grotte de Neptune à Tivoli en passant par le Monastère de Santa Scolastica à Subiaco. Parmi ces vues, on retrouve celle de la chambre de l’artiste à la villa Médicis avec la Trinité-des-Monts en fond. Un lieu qui l’a particulièrement séduit, puisqu’il constitue le sujet d’une autre de ses œuvres, Le Peintre dans sa chambre à Rome, adjugée 400 000 fr (83 000 € en valeur réactualisée – toujours le record de l’artiste)
à Tours en 1998, revendu chez Sotheby’s New 
York 75 000 $ (76 100 € en valeur réactualisée) le 19 octobre 2015.

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