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Le façonnier des statues de Cattelan débouté

Published on , by Vincent Noce

Le tribunal de Paris a rejeté la prétention de Daniel Druet de s’arroger le droit d’auteur sur huit œuvres de Maurizio Cattelan, pour lequel il avait réalisé les figures en cire.

La Nona Ora faisait partie des huit œuvres revendiquées par Daniel Druet, qui avait... Le façonnier des statues de Cattelan débouté
La Nona Ora faisait partie des huit œuvres revendiquées par Daniel Druet, qui avait réalisé l’effigie du pape. Vue de la première exposition à la Kunsthalle de Bâle, 1999.
© Photo Attilio Maranzano / Courtesy of the artist and Perrotin

Daniel Druet avait attaqué pour « contrefaçon » la galerie Perrotin, représentant l’artiste, et la Monnaie de Paris, qui avait accueilli en 2006 sa rétrospective. Il n’a pas arrangé son cas en se présentant comme le seul auteur de ces œuvres et en omettant d’assigner Cattelan. Le tribunal a donc jugé sa demande « irrecevable ». Son avocat, Me Jean-Baptiste Bourgeois, a déploré que la cour « ait mis de côté le débat, sans même ouvrir le dossier ».

En réalité, le tribunal a bien fait valoir que la paternité de Cattelan sur ces œuvres ne pouvait lui être « déniée ». Il a rappelé que, selon le code de la propriété intellectuelle, « la qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui ou ceux sous le nom de qui l’œuvre est divulguée ». Or « Maurizio Cattelan fait à juste titre valoir que les œuvres litigieuses ont toutes été divulguées sous son seul nom ». De plus, « il n’est pas contesté que les directives précises de mise en scène des effigies de cire n’ont émané que de lui seul », tandis que « Daniel Druet n’était nullement en mesure de s’arroger la moindre participation » aux dispositifs scéniques.

À une époque où bien des artistes recourent à des collaborateurs pour réaliser leurs œuvres, plusieurs d’entre eux avaient exprimé leur émotion lors d’un procès dont l’issue était pourtant prévisible. Défendant la galerie Perrotin, Me 
Pierre-Olivier Sur s’est félicité d’une décision qui, à ses yeux, fait office de jurisprudence pour l’art conceptuel. En fait, il n’y a rien de neuf dans ce rappel du principe selon lequel le droit d’auteur est reconnu au concepteur « d’une œuvre de l’esprit », qui peut parfaitement en déléguer la confection à un praticien. On aurait pu convoquer Rubens ou Rodin comme témoins.

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