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Le clan napoléonien par Guillaume Biennais

On 06 January 2022, by Caroline Legrand

Martin-Guillaume Biennais a œuvré à la propagande impériale, notamment au travers de sa série des Napoléonides. Plusieurs pièces inconnues en seront révélées lors de la dispersion d’un ensemble provenant de sa descendance.

Le clan napoléonien par Guillaume Biennais
Martin Guillaume Biennais (1764-1843), modèle en cire rose du buste de Joachim Murat au grand cordon, socle en acajou au chiffre de Murat, h. 12,5 cm (sans le socle). 
Estimation : 8 000/12 000 

Au lendemain du second mariage de Napoléon Bonaparte, en 1810, avec Marie-Louise d’Autriche, Martin-Guillaume Biennais décide de réaliser une série de bustes de la famille impériale et de ses plus proches soutiens. Indéfectiblement lié à l’Empereur depuis qu’il a conçu, à crédit, un nécessaire de voyage pour celui qui n’était alors qu’un simple général se préparant à la campagne d’Italie, l’orfèvre rend ainsi hommage aux membres de ce précieux clan que Napoléon sut utiliser à bon escient, plaçant chacun de ses frères, sœurs et enfants à la tête des États de son empire — Hortense et Louis en Hollande, Jérôme en Allemagne, Eugène, Caroline et Élisa en Italie ou encore Joseph en Espagne. Ces petits bronzes dorés d’une vingtaine de centimètres de hauteur, posés sur une colonne au chiffre de la personne représentée, seront nommés «napoléonides». Ils sont au nombre de vingt-huit selon le recensement du spécialiste Guy Ledoux-Lebard. Celui-ci a également comptabilisé trois bustes en cire rose qui servaient à l’orfèvre de modèle pour la fonte. À ceux de Jérôme, Marie-Louise et Caroline, cette vente, qui dispersera 150 lots provenant directement de la descendance d’une des filles de Biennais, ajoutera celui de Joachim Murat (1764-1815), représenté avec le grand cordon de la Légion d’honneur et dont on attend 8 000/12 000 €. Militaire, allié de la première heure de Napoléon sur les champs de bataille, maréchal d’Empire et enfin roi de Naples, Murat épousa Caroline, sœur de l’Empereur. Ce buste en cire est d’une taille légèrement supérieure au buste en bronze doré, du fait de la rétractation du métal après la fonte. Également inconnu jusque-là, un buste en cire rose – restauré au XIXe siècle et peint couleur crème – de la princesse Caroline Murat est attendu à la même estimation. Il présente une particularité qui pourrait réjouir les historiens. Alors que, d’habitude, ces bustes ne portent que la signature de Biennais sur le socle, celui-ci est en effet signé Joseph Anton Couriguer (1750-1830), sculpteur originaire de Suisse alémanique, spécialisé dans le travail de la cire. Peu connu, Couriguer est le premier dont le nom est avancé comme l’un des potentiels collaborateurs de Biennais sur cette importante commande. En effet, on sait que le maître, au départ simple tabletier, avait largement profité de l’abolition du système des corporations pour diversifier sa production et se lancer dans l’orfèvrerie et l’ébénisterie. Mais, afin de mener à bien tous ses projets, il collaborait avec de nombreux artistes, notamment des sculpteurs. La question est maintenant posée : Couriguer est-il l’auteur des vingt-huit bustes des napoléonides ? Provenant de la descendance d’une des filles de l’orfèvre – la même que pour la feuille de laurier en or de la couronne de l’Empereur qu’il a réalisée, vendue à Fontainebleau en 2017 pour 625 000 € –, ces bustes seront accompagnés d’une nouvelle variante de la représentation de Caroline Murat, en bronze doré et cette fois-ci en Hermès, c’est-à-dire à la base en forme de bloc quadrangulaire (12 000/15 000 €). Objets de la vie courante, mais aussi pièces d’orfèvrerie et de tabletterie suivront, tels une verseuse couverte en argent à décor en relief de visages (prisée 800/1 000 €) et un rare nécessaire de voyage dans un coffret rectangulaire en acajou, contenant des ustensiles et pièces d’orfèvrerie en argent, à envisager à 20 000/25 000 €.

paintings, furniture and objets d'art: memories of Martin-Guillaume Biennais, goldsmith to Napoleon I
Wednesday 19 January 2022 - 13:30 (CET) - Live
12, rue des Arènes - 49000 Angers
Ivoire - Deloys - de la Perraudière / d’Oysonville
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