La collection Hamilton en images

On 02 May 2019, by Caroline Legrand

Complets et originaux, les quatre volumes illustrant l’ensemble réuni par ce passionné au XVIIIe siècle sont rares sur le marché. Un témoignage de l’amour que le diplomate britannique portait aux arts de l’Antiquité.

Hugues d’Hancarville (1719-1805), Collection des antiquités, étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamilton, envoyé extraordinaire de S.M. britannique en cour de Naples, quatre volumes in-plano reliés demi-veau d’époque, Naples (François Morelli), 1766-1767.
Estimation : 30 000/40 000 

Sir William Hamilton (1731-1803) est entré dans l’histoire de l’art en vendant une grande partie de sa collection au British Museum de Londres en 1772. L’ensemble, constitué de vases grecs, servit de base aux collections de l’institution fondée en 1753 et accueillant essentiellement, jusqu’alors, des livres. Avec cet achat, l’étude des pièces antiques put véritablement commencer, ce qui était l’un des souhaits les plus chers d’Hamilton. C’est également dans cette optique qu’il confie, à partir de 1767, à Hugues d’Hancarville (1719-1805), la réalisation d’un ouvrage présentant la totalité des objets de sa collection d’antiquités grecques, étrusques et romaines. C’est cet amour qui réunit les deux hommes  l’aristocrate écossais et le Nancéien d’origine  en Italie. Le premier, fils du gouverneur de la Jamaïque lord Archibald Hamilton, a suivi la voie familiale dans la diplomatie en devenant ambassadeur de Grande-Bretagne à la cour de Naples, en 1764. Il y reste trente-six ans, au cours desquels il se passionne autant pour l’activité volcanique du Vésuve que pour le site romain de Pompéi, mis au jour lors des fouilles de 1748 par Roque Joaquín de Alcubierre, avant d’être identifié en 1763 par Karl Weber. Le lieu devient l’une des étapes obligées du Grand Tour au moment même où Hamilton arrive à Naples. Celui-ci s’investit pleinement dans cette découverte, en tant que mécène des fouilles de Pompéi et d’Herculanum. Il commence également sa collection de vases grecs et d’autres objets trouvés dans les villas romaines des environs, mais aussi dans les tombes du sud de l’Italie et de Sicile. Un ensemble unique à cette époque, que l’historien de l’art et marchand Pierre-François Hugues d’Hancarville a su parfaitement mettre en valeur dans cet ouvrage illustré de 520 planches gravées d’après les dessins de Beaulieu, Tierce et Bracci. Les deux premiers volumes  sur quatre , publiés en 1767 et 1769, furent imprimés à 500 exemplaires, tandis que les deux derniers, qui virent difficilement le jour en 1776 pour des raisons financières, ne le furent qu’à 100. Cet ouvrage bilingue, français-anglais, était le premier en son genre. Cette étude permit la diffusion dans toute l’Europe de ces objets, jusqu’alors méconnus, et servit de base iconographique aussi bien aux artistes partisans du style néoclassique, en vogue en cette fin de siècle, qu’aux scientifiques et historiens. Aujourd’hui, il donne une vision complète de cette collection, dont une partie garnit encore les vitrines du British Museum de Londres, mais dont une autre a sombré dans les profondeurs marines, lors du naufrage, le 10 décembre 1798, du Colossus, au large des îles Scilly, sur le chemin du retour vers la Grande-Bretagne. Le drame de la vie de sir Hamilton…

Monday 20 May 2019 - 14:30
Morlaix - Saint-Martin-des-Champs - 26 bis, allée Saint-François - 29600
Dupont & Associés
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