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La caserne Sully à Saint-Cloud, futur écrin de la collection de Pierre Rosenberg

On 18 June 2019, by Carole Blumenfeld

Le Président honoraire du musée du Louvre offre sa collection au département des Hauts-de-Seine, qui l’accueillera à partir de 2024 dans la caserne Sully, à Saint-Cloud.

La caserne Sully à Saint-Cloud, futur écrin de la collection de Pierre Rosenberg
La caserne Sully à Saint-Cloud.
DR

«Ce projet artistique et culturel est le fruit de la rencontre entre deux passionnés du XVIIe siècle», expliquait Patrick Devedjian à Fontainebleau, le samedi 8 juin, lors d’une conférence commune avec Pierre Rosenberg, à l’occasion du Festival d’histoire de l’art. Septembre 2007 : devant les portes du musée de l’Ile-de-France à Sceaux, Patrick Devedjian fait un discours passionné sur la peinture du XVIIe siècle pour fêter les Milgrom, dont Pierre Rosenberg présente la collection («Parcours d’un collectionneur. L’histoire, la fable et le portrait», Sceaux, musée de l’Ile-de-France ; Arras, musée des beaux-arts ; Bayonne, musée Bonnat, 2007-2008). Lorsque le président du Conseil général des Hauts-de-Seine cite son tableau favori de l’exposition, La Découverte de Pyrame et Thisbé de Pierre Mignard, Pierre Rosenberg est stupéfait de découvrir la ferveur de l’homme politique pour le siècle de Louis XIV. Les deux hommes se rencontrent quelques jours plus tard rue de Vaugirard, au domicile du président honoraire du musée du Louvre. Ce n’est peut-être pas un hasard si Patrick Devedjian évoquait récemment, lors d’un entretien avec Louis-Antoine Prat publié par la Société des Amis du Louvre, les «trois qualités nécessaires à une grande collection : le temps, les connaissances, l’argent». Le propos ferait sourire quiconque a déjà été reçu par Pierre Rosenberg, puisque c’est l’une de ses maximes favorites. Sans surprise donc, lorsque le projet d’un musée Nicolas-Poussin aux Andelys, annoncé par Pierre Rosenberg lors de l’édition 2017 du Festival d’histoire de l’art, a commencé à battre de l’aile  faute de ressources suffisantes , Patrick Devedjian lui a proposé de donner sa collection aux Hauts-de-Seine. Après de longs mois de négociations, le président du département a ainsi annoncé à Fontainebleau non seulement un musée du Grand Siècle, mais aussi un musée consacré aux autres pans de la collection de Pierre Rosenberg. Celui-ci fait également don de sa documentation et de sa bibliothèque, qui permettront de créer un centre d’interprétation en lien étroit avec l’université de Nanterre. Ces derniers jours, l’historien de l’architecture et universitaire Alexandre Gady, à qui le projet a été confié sur proposition de Pierre Rosenberg, a eu l’occasion de rappeler à la presse que la France possédait jusqu’à présent un musée dédié au Moyen Âge, un autre à la Renaissance, mais aucun au XVIIe siècle… Ce serait donc chose faite en 2024, date prévue pour l’ouverture de ce nouvel établissement. Dans La Tribune de l’art, Didier Rykner a donné quelques-unes des orientations du projet d’Alexandre Gady : «Le musée sera consacré au XVIIe siècle (au sens large, de 1580 à 1720) dans tous ses aspects artistiques : les dessins et les peintures donc, mais aussi les arts décoratifs et la sculpture, un peu le grand projet dont a longtemps rêvé Marc Fumaroli.» Quant à l’architecture, «un sujet auquel le nouveau directeur tient forcément beaucoup, elle sera présente à la fois sous la forme de dessins, plans et gravures. Il est évidemment impossible de créer de toute pièce un musée encyclopédique qui pourrait montrer tous les artistes ou qui voudrait rivaliser avec le Louvre ou Versailles. La présentation sera donc plutôt thématique, mêlant souvent les différentes techniques, afin de dérouler une histoire du XVIIe siècle par l’intermédiaire de l’art». Ce qui supposerait une politique d’acquisition soutenue ou des dépôts nombreux du Mobilier national ou des musées français, car si Pierre Rosenberg possède un ensemble très solide de feuilles et de tableaux du XVIIe siècle, de la fabuleuse Pietà de Vouet à des La Hyre ou des Champaigne, sans oublier de petits bijoux de Jacques Stella ou de Lubin Baugin, l’homme à l’écharpe rouge n’est pas un collectionneur de sculptures ni d’arts décoratifs. L’autre volet du projet, le «musée du collectionneur», est tout aussi stimulant. Au-delà des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, le goût atypique de Pierre Rosenberg pour un certain début du XXe siècle permettra d’enrichir considérablement les collections publiques françaises, où les artistes chéris par l’académicien sont rares. Le Projet scientifique et culturel (PSC) reste à écrire, et Alexandre Gady ne rendra sa copie que dans quelques mois. Pour l’ancien président du Louvre, les années qui viennent seront surtout l’occasion pour le ou les conservateurs choisis d’étudier une collection qui devrait réserver bien des surprises, comme il nous l’a confié sur un ton plein de malice : «Il y fera plein de découvertes, parfois amusantes, parfois, je l’espère, stimulantes. Au fond, c’est une collection que je connais mal.»

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