La Brafa près de chez soi

On 19 January 2021, by Alexandre Crochet

Si tu ne viens pas à la Brafa, elle viendra à toi… La foire bruxelloise se déploie en galeries, en ligne et en vidéo pour faire face à la crise sanitaire. 

Gustave De Smet (1877-1943), La Foire, 1928, huile sur toile, 82 65 cm. Galerie De Jonckheere.
Courtesy Galerie De Jonckheere

Face à la pandémie inédite qui perturbe toujours la marche du monde, la Brafa ne baisse pas les bras. La foire bruxelloise, une référence pour l’art et les antiquités, aura bien lieu ce mois-ci. Mais autrement. Conscients que les foires en ligne mettant à l’honneur objets d’art et mobilier n’ont pas été couronnées de succès, ses organisateurs se distinguent en proposant des parcours au sein même des galeries. Bien plus que pour l’art contemporain, voir les œuvres en 3D et parler aux marchands reste fondamental… « Il y a un besoin de présentiel. C’était important de soutenir les galeries, qu’elles puissent revoir du monde, leurs collectionneurs, le tout sous la coupole de la Brafa », explique Beatrix Bourdon, la directrice de la foire. « Nous avons ainsi invité les exposants de la Brafa 21 à présenter des pièces dans leurs propres galeries, pour contourner le "travel ban" de janvier et ne pas prendre de risques. Nous avons cherché une formule qu’on ne serait pas obligés d’annuler. L’idée est de travailler avec un public plutôt local en se focalisant sur des parcours par villes », poursuit-elle. Les collectionneurs pourront de la sorte arpenter les cités dont ils sont proches, avec une offre nourrie à chaque fois, les galeries restant des lieux sûrs et spacieux avec un nombre de visiteurs limité. La Belgique proposera ainsi quatre parcours, à Bruxelles, Gand, Knokke et Anvers. D’autres pôles sont aussi mis en avant, tels Paris, Milan ou Genève… Au total, cette édition un brin inhabituelle de la Brafa comptera cent vingt-six expositions dans treize pays et trente-sept villes, d’Amsterdam à Moscou… Parmi les exposants, les galeries Artimo Fine Arts (Bruxelles), Arts et Autographes (Paris), Dr. Lennart Booij Fine Arts & Rare Items (Amsterdam), Hadjer (Paris), Nao Masaki (Nagoya), Jordi Pascual (Barcelone), São Roque - Antiguidades e Galeria de Arte (Lisbonne), Tenzing Asian Art (San Francisco), Van der Meij Fine Arts (Amsterdam), Maurice Verbaet (Knokke), et Waddington Custot (Londres) rejoignent la foire. Celle-ci se déroulera ainsi du 27 au 31 janvier, certaines expositions spéciales Brafa affichant une durée plus longue.
 

Figures ibéji du Nigeria, bois, perles, métal, h. 29 et 28,5 cm. Galerie Didier Claes. Courtesy Galerie Didier Claes Photo Frédéric Dehaen
Figures ibéji du Nigeria, bois, perles, métal, h. 29 et 28,5 cm. Galerie Didier Claes.
Courtesy Galerie Didier Claes Photo Frédéric Dehaen


Des spécialités complémentaires
Pour maximiser les chances de toucher une clientèle aux déplacements encore limités, nombre de galeries ont aussi choisi d’exposer à la fois dans leurs murs et dans un autre espace, individuellement ou collectivement. C’est le cas notamment d’Univers du bronze et de Brame & Lorenceau. Cette dernière exposera chez son confrère bruxellois d’art contemporain La Patinoire royale – Valérie Bach. Tout comme son confrère Withford Fine Art, Georges de Jonckheere a pour sa part prévu d’investir un espace, rue Américaine, à Bruxelles. Gand restant un centre très actif de collectionneurs, une pléiade de marchands a décidé d’exposer de concert dans la galerie-hôtel particulier d’une éminente figure de la Brafa, Francis Maere. Didier Claes pour les arts premiers africains, Xavier Eeckhout en sculpture moderne, Céline et Fabien Mathivet pour l’art déco, Gabriela et Mathieu Sismann en statuaire et objets Haute Époque, ainsi que Benjamin Steinitz, roi des XVIIIe et XIXe siècles qui doit apporter ses fameuses boiseries d’époque, mixeront leurs spécialités complémentaires. Dans cette exposition commune baptisée « Paris/Gent/NYC », – et qui se prolonge jusqu’au 28 février –, Mathivet montrera par exemple une commode et un guéridon d’Arbus et un salon de la maison Leleu. Tandis que dans son espace parisien, il proposera des dessins animaliers de Mateo Hernandez et des sculptures, d’Albéric Collin à Rembrandt Bugatti, Xavier Eeckhout se focalisera à Gand sur des créateurs belges. « Je participe à la Brafa depuis douze ans et j’ai un fonds de collectionneurs belges très important parmi mes clients. Mon objectif est de rencontrer les amateurs belges sur place. J’espère aussi que cette initiative de la Brafa va inciter les collectionneurs à revenir dans les galeries ! » Par ailleurs, pour les onze participants regroupés dans la station balnéaire de Knokke – dont les enseignes d’art contemporain Baronian Xippas, Rodolphe Janssen, Guy Pieters ou Maruani Mercier –, l’événement s’étendra jusqu’au 7 février. Si vous avez du mal à vous y retrouver, le site Internet de la Brafa a été entièrement repensé et offre de multiples entrées par nom de galerie, pays, ville, spécialité… Trois œuvres correspondant à celles du catalogue, dûment passées par le vetting sur photo, y sont affichées. Les pièces passeront à neuf par exposant pendant la Brafa. Parmi les pièces phares figure, alors que se profile le bicentenaire de la mort de Napoléon, un manuscrit de la bataille d’Austerlitz dicté et corrigé par l’Empereur : 74 pages ainsi qu’un plan de ladite bataille dessiné par le général Bertrand. Un document historique sur une grande victoire proposé à un million d’euros par la galerie Arts et Autographes.

 

Alexander Calder (1898-1976), Composition, 1949, gouache et encre sur papier, 57,2 x 78,7 cm. Galerie Brame & Lorenceau. Courtesy Galerie
Alexander Calder (1898-1976), Composition, 1949, gouache et encre sur papier, 57,2 x 78,7 cm. Galerie Brame & Lorenceau.
Courtesy Galerie Brame & Lorenceau - © 2021 Calder Foundation, New York/ADAGP, Paris

Vidéos, site dédié et réseaux sociaux
Surtout, grande nouveauté, la Brafa a converti ses exposants à la vidéo. Les volontaires ont été invités à réaliser des pastilles courtes présentant leur galerie et leurs pièces. Une soixantaine ont joué le jeu. « Certaines sont de petites structures et n’avaient pas l’habitude d’utiliser ce support, note Beatrix Bourdon. Mais elles ont compris que cela permet d’inciter les gens à découvrir leur enseigne et rendre leur travail plus vivant, plus convivial. » Les vidéos sont diffusées à la fois sur le site web de la Brafa et sur les réseaux sociaux, une visibilité encore plus utile en ce moment, en particulier pour les Britanniques confinés ! Le tout gracieusement pour les exposants… Plus de 50 000 invitations ont été envoyées par les galeries. Alors peu importe par lequel, puisque tous les chemins, en 2021, mènent à la Brafa…


 

La Brafa à Paris
Trente-cinq galeries parisiennes participent à Brafa in the Galleries. L’art moderne et contemporain s’y taille la part de lion avec Ab-Ba (Agnès et Odile Aittouarès), Arts & Autographes, Bailly, Hélène Bailly, Berès, Brame & Lorenceau, Jean-François Cazeau, A&R Fleury, Galerie des Modernes, Galerie Hadjer, Alexis Lartigue, Martel-Greiner, Galerie de la Présidence, Taménaga et Patrice Trigano. Les arts décoratifs modernes et actuels sont représentés par Cento Anni, Mathivet, Maison Rapin et Clara Scremini, et les arts premiers par Yann Ferrandin, Charles-Wesley Hourdé et Schoffel de Fabry. Les complètent : Alexis Bordes (XIXe siècle), Ary Jan (orientalisme), Eberwein (archéologie), Xavier Eeckhout (sculpture animalière), Christophe Hioco (art asiatique), Sismann (Haute Époque et Renaissance), Steinitz (XVII-XIXe siècles), Huberty & Breyne (9e art), Bertrand de Lavergne (porcelaine chinoise), Montanari (cadres) et La Pendulerie.
à savoir
Brafa in the Galleries
du mercredi 27 au dimanche 31 janvier.
www.brafa.art
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