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L’enfance à l’ère Meiji à la Maison de la culture du Japon

Published on , by Christophe Provot

La Maison de la culture du Japon marque la venue du printemps, non pas en célébrant les cerisiers en fleur mais en mettant les enfants à l’honneur. Et plus particulièrement ceux ayant vécu à la fin du XIXe siècle, alors que le pays du Soleil-Levant connaît une profonde mutation et s’ouvre à la modernité de l’Occident, dans...

Miyagawa Shuntei (1873-1914), Coutumes et manières des enfants, Kageya tôrokuji,... L’enfance à l’ère Meiji à la Maison de la culture du Japon
Miyagawa Shuntei (1873-1914), Coutumes et manières des enfants, Kageya tôrokuji, vers 1897.
© Machida City Museum of Graphic Arts

La Maison de la culture du Japon marque la venue du printemps, non pas en célébrant les cerisiers en fleur mais en mettant les enfants à l’honneur. Et plus particulièrement ceux ayant vécu à la fin du XIXe siècle, alors que le pays du Soleil-Levant connaît une profonde mutation et s’ouvre à la modernité de l’Occident, dans la foulée de la restauration impériale de Meiji. Originale par son sujet, l’exposition présente près de cent cinquante pièces, en très grande majorité des estampes de la période, toutes provenant de l’archipel et pour la plupart inédites. Passée l’introduction évoquant les changements se produisant dans l’empire après plusieurs siècles d’isolement, l’enfance est bien là. Gravures instructives publiées par le ministère de l’Éducation, «images-jouets» pédagogiques, humoristiques et colorées, ou encore estampes «de genre» prenant pour sujet la vie des petits : le foisonnement des images illustre la place prépondérante qu’occupait alors l’éducation de la jeunesse, symbole d’un pays développé. C’est en l’an 5 de Meiji (1872) que l’empereur – inspiré par la France et les États-Unis – promulgue un important décret rendant l’enseignement scolaire obligatoire pour les enfants (garçons et filles) de toutes les catégories sociales. Cet acte signe la fin des terakoya, institutions privées sous l’autorité des temples bouddhistes, très en vogue à l’époque d’Edo (1603-1868). En épilogue, une série d’eaux-fortes du Français Georges-Ferdinand Bigot propose une autre vision, loin des estampes idéalisées : celle d’un Japon rural dans le bouleversement de la modernisation. Loin d’être didactique, l’exposition offre un large panorama sur la vie des plus jeunes, leurs loisirs et leur place dans la société japonaise, ce «paradis des enfants» que vantait en 1877 le naturaliste américain Edward Morse.

Maison de la culture du Japon,
101 
bis, quai Jacques-Chirac, Paris XVe, tél. : 01 44 37 95 95,
Jusqu’au 21 mai 2022.
https://www.mcjp.fr/
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