L’amour peintre

On 25 November 2020, by Carole Blumenfeld
Guillaume Farroult, L’amour peintre. L’imagerie érotique en France au XVIIIe siècle, Cohen & Cohen, 572 pages, environ 320 ill. Prix de lancement : 120 € jusqu’au 31 janvier 2021, puis 160 €

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existait pas d’ouvrage d’histoire de l’art richement illustré sur l’imagerie érotique en France au XVIIIe siècle. On songe volontiers au catalogue de l’exposition de 1991-1992, Les Amours des dieux, à des publications sur Watteau, Boucher, Greuze ou Fragonard, mais aucun livre n’embrassait jusqu’alors tous les genres, de la Régence à la Révolution. Au cours des deux dernières décennies, les spécialistes de l’histoire culturelle et littéraire ont profondément bouleversé le sujet en montrant le passage de l’héroïsme guerrier aux valeurs pacificatrices de l’amour et de la galanterie – il suffit de penser aux recherches d’un Michel Delon. Guillaume Faroult, passionné par les liens entre littérature et « imagerie » – un terme anachronique choisi à dessein par l’auteur pour soustraire son étude « à toute nomenclature abstraite à laquelle pourraient inviter les notions d’iconographie et d’iconologie » –, offre un texte très dense, où il s’arrête longuement sur des œuvres phares dont il propose des clés pour remettre en question la lecture « traditionnelle ». Comme à l’occasion de l’exposition « Fragonard amoureux » au musée du Luxembourg, le conservateur du Louvre fait la part belle aux échanges artistiques constants entre les peintres d’histoire, les décorateurs, les miniaturistes, les illustrateurs et surtout les écrivains, qui partagent la même envie de suggérer beaucoup plus qu’un simple échange amoureux ou trivial : interroger leur temps à travers un prisme nouveau, relevant a priori de la sphère intime. On découvre avec plaisir de nombreuses gravures rarement reproduites. Le format – 27 31 cm – est une formidable opportunité pour apprécier ces images, même si la photogravure n’est pas toujours à la hauteur. Or, justement, le fait de reproduire un grand nombre d’estampes, mais aussi de dessins, à un format plus grand que nature, pose question. Ce n’est pas problématique lorsqu’il s’agit d’une feuille de Fragonard du musée Cognacq-Jay, accompagnée par une légende qui détaille les dimensions. Cela est plus délicat lorsqu’il s’agit d’une estampe, et a fortiori d’une « vignette » peu connue, une grande majorité des légendes n’indiquant pas leur taille.
 

Autoportraits Certains sont connus — et si peu cachés —, d’autres au contraire se laissent difficilement deviner, dissimulés dans un refle
Autoportraits
Certains sont connus — et si peu cachés —, d’autres au contraire se laissent difficilement deviner, dissimulés dans un reflet ou perdus dans une foule. Mais comment être sûr qu’il s’agit bien du peintre ? Après avoir exploré maints tableaux, dessins et gravures, l’historien de l’art Pascal Bonafoux en a tiré ce livre, déambulation personnelle, buissonnière et volontairement arbitraire. Pascal Bonafoux, Autoportraits cachés, Le Seuil, 240 pages, 39 €.


L’art pariétal Spécialiste de l’art préhistorique, l’auteur a passé cinquante ans à étudier les grottes ornées du Quercy. Après s’être con
L’art pariétal
Spécialiste de l’art préhistorique, l’auteur a passé cinquante ans à étudier les grottes ornées du Quercy. Après s’être consacré aux relevés, analyses, observations et déchiffrements, il livre pour la première fois sa propre interprétation de ces fascinantes peintures. Érudit, documenté et scientifique, l’ouvrage s’adresse aux passionnés et spécialistes. Michel Lorblanchet, Naissance de la vie. Une lecture de l’art pariétal, éd. du Rouergue, 224 pages, 25 €.
Éloge de l’aplomb Écrivain et essayiste, l’auteur n’est ni historien de l’art, ni artiste : il le revendique et assume sa « dimension subj
Éloge de l’aplomb
Écrivain et essayiste, l’auteur n’est ni historien de l’art, ni artiste : il le revendique et assume sa « dimension subjective et [son] ignorance relative sur laquelle elle repose ». D’Hubert Robert à Yayoi Kusama, en passant par Picasso et Chagall, vingt-deux articles sur l’art, publiés dans la presse ou dans des catalogues d’exposition, sont ici rassemblés. Philippe Forest, Éloge de l’aplomb et autres textes sur l’art et la peinture, Gallimard, coll. « Arts et artistes », 216 pages, 22 ill., 22,50 €.


 
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