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La Gazette Drouot Art et patrimoine - Expositions

Judit Reigl à Rouen

On 26 October 2021, by Dimitri Joannides

Après le Hongrois Simon Hantaï en 2019, c’est à sa compatriote Judit Reigl  (1923-2020) que le musée des beaux-arts de Rouen et la Fondation Gandur…

Judit Reigl à Rouen
Judit Reigl, Sans titre (Centre de dominance), avril 1959, huile sur toile, 173,4 233,8 cm.
© Fondation Gandur pour l’art, Genève - Photo : André Morin © Adagp, Paris 2021

Après le Hongrois Simon Hantaï en 2019, c’est à sa compatriote Judit Reigl (1923-2020) que le musée des beaux-arts de Rouen et la Fondation Gandur pour l’art rendent hommage, avec cinq chefs-d’œuvre de ses premières années. Méfiante vis-à-vis de l’école de Paris, l’artiste a rapidement exprimé un intérêt plus marqué pour la peinture gestuelle américaine. Les deux «Éclatement» exposés, de 1955 et 1956, sont là pour le prouver. Après avoir délaissé les pinceaux pour une tringle à rideau avec laquelle elle balafrait littéralement les surfaces, Reigl projette ici sa peinture à deux mains, revenant ensuite sur la toile à l’aide d’un racloir. Face à ces grands formats, on perçoit puissamment cette force centrifuge et invisible et l’on se familiarise avec l’écriture automatique qu’elle cultivera toute sa vie. Un an plus tôt, alors qu’André Breton lui consacrait sa toute première exposition personnelle dans sa galerie L’Étoile scellée, Judit Reigl mûrissait déjà ce big bang esthétique où se mêlent pulsion, rythme et geste. Deux autres toiles appartiennent à la série des «Centres de dominance» (1958-1959), où l’artiste jette cette fois le médium par paquets, l’étirant ensuite dans un mouvement centripète inverse à celui de la période précédente. L’œil est alors mécaniquement attiré vers le cœur tourbillonnant du tableau. En quelques années à peine, Judit Reigl a ainsi métamorphosé la peinture en un véritable champ de forces, une modélisation de l’univers qui inspire son titre à l’exposition. Le dernier tableau, une spectaculaire Écriture (1964) peinte au sabre de bas en haut, assoit pour de bon sa reconnaissance internationale. On y retrouve bien sûr l’influence de Clyfford Still, de Mark Rothko ou de Willem de Kooning, on songe également à des artistes européens actifs tout comme elle à Paris à la même époque : Georges Mathieu, Gérard Schneider, Hans Hartung… Mais foncièrement libre et indépendante, Judit Reigl a toujours veillé à ne s’affilier à aucun groupe ni aucune école.

Musée des beaux-arts,
esplanade Marcel-Duchamp, Rouen (76), tél. 
: 02 35 71 28 40.
Jusqu’au 17 janvier 2022.
www.mbarouen.fr

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