Joaquín Sorolla, lumières espagnoles à Aix-en-Provence

On 23 July 2020, by Marie-Laure Castelnau
Joaquín Sorolla, Avant le bain, 1909, huile sur toile, musée de Pontevedra.
Photo : Miguel Vidal

Sa peinture nous touche car elle est sensible, authentique. Elle nous séduit car elle est lumineuse, fluide. Mais derrière l’apparente simplicité, se cachent un sens aigu de l’observation et un grand nombre d’esquisses pour capter le mouvement des enfants, les ombres d’une voile de bateau, les filets de pêcheurs qui s’envolent. Originaire de Valence, Joaquín Sorolla est l’un des plus grands noms de la peinture espagnole du XXe siècle. Cette exposition entend présenter le processus créatif de ce peintre profondément méditerranéen, ses sources d’inspiration et les techniques de son art. Malgré la crise sanitaire et l’annulation de certains prêts, notamment américains, les organisateurs ont réussi à réunir près de 80 peintures et dessins de l’artiste, issus de grands musées internationaux ou de collections particulières, et pour certains jamais montrés au public. L’accrochage thématique propose de découvrir ses portraits, marqués par une constante référence à Vélasquez. Ceux de sa famille, à laquelle il est très attaché, sont les plus intenses, comme celui de sa femme Clotilde en robe grise (1900) ou de sa fille Maria convalescente au Pardo (1906). Les salles suivantes s’attachent à souligner sa recherche de spontanéité, avec des œuvres fondées sur le naturalisme, très influencées par Bastien-Lepage, et des compositions originales, souvent marquées par des diagonales d’ombres et de lumière, inspirées par la photographie et l’estampe japonaise. La Cruche (1904) montre l’accomplissement de Sorolla en tant que peintre de figures de plein air, avec ce filet de lumière intense introduit par la porte entrouverte. Le plus souvent, Sorolla compose ses tableaux par plans successifs d’ombre et de lumière, invitant le spectateur à entrer dans l’action et ressentir les reflets de la lumière sur l’eau, sur la peau ou le sable mouillé. On croirait entendre les cris des enfants ou le bruit des vagues. La vitalité de ses toiles est une sorte de chant salutaire face à la décadence fin de siècle.

Hôtel de Caumont - Centre d’art,
3, rue Joseph-Cabassol, Aix-en-Provence (13), tél. : 04 42 20 70 01.
Jusqu’au 1er novembre 2020.
www.caumont-centredart.com
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