Jean Royère. Ligne, forme et couleur chez Jacques Lacoste

On 08 December 2020, by Oscar Duboÿ
Quelques pièces phares de Jean Royère (1902-1981).
© Hervé Lewandowski - Courtesy Galerie Jacques Lacoste

 

La tentation devait être trop forte pour y résister : que faire lorsque l’on a une soixantaine de pièces de Jean Royère, et pas des moindres ? Une exposition s’imposait d’emblée, mais Jacques Lacoste ne s’est pas contenté de simplement aligner quelques best-sellers. Au-delà des fauteuils Ours Polaire et des appliques Liane, c’est une réflexion bien plus complète qui est proposée ici, retraçant l’évolution de l’univers de Royère, depuis ses débuts dans les années 1930 jusqu’à l’arrêt de sa carrière en 1972. Ligne, forme, couleur donc : trois thématiques qui ne sont pas forcément aussi flagrantes lorsque le jeune décorateur est encore inspiré par la rigueur de Ruhlmann, comme le prouvent deux paires de petits fauteuils très bas, longilignes, portant encore la marque de Pierre Gouffé, son fabricant attitré du faubourg Saint-Antoine. Justement, celui-ci le poussera à participer dès 1934 au Salon des artistes décorateurs, puis à celui d’automne… Des salons, il y en aura bien d’autres, comme autant d’étapes qui lui permettront peu à peu de développer sa patte, jusqu’à celui des Artistes décorateurs de 1939, où son véritable style s’affirme enfin – parole d’expert, c’est Jacques Lacoste qui le dit. Une fantaisie éminemment singulière faite de couleur, de motifs et d’ondulations, bientôt prisée par des personnalités étrangères allant du roi Farouk d’Égypte au shah d’Iran, au gré des filiales installées par Royère au Caire, à Beyrouth, puis à Lima ou encore à São Paulo. Heureusement, de nombreux albums d’archives minutieusement conservés relatent ce parcours hors norme et font défiler une riche clientèle qui, avec le temps, passe de l’aristocratie aux professions libérales, sans oublier des commandes comme celle de l’Institut de recherche de la sidérurgie, documentée dans l’exposition. C’est souvent auprès de ces premiers propriétaires que ces meubles ont été acquis par la galerie. Et c’est aussi là que le travail de Jacques Lacoste sur Royère prend tout son sens.

Galerie Jacques Lacoste,
19, avenue Matignon, Paris VIIIe, tél. : 01 42 89 11 11
Jusqu’au 30 janvier 2021.
www.jacqueslacoste.com
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