Isaak Soreau, simplicité et abondance

On 05 June 2019, by Anne Foster

Élève de son père, Isaak achève sa formation de peintre de natures mortes avec Stoskopff, puis à Anvers chez Van Hulsdonck. Ce tableau de l’ancienne collection Riechers témoigne des deux courants de ce genre : simplicité et abondance. 

Isaak Soreau (1604-1644), Corbeille de raisins et d’abricots, branche de groseille sur un entablement, huile sur cuivre, 27,6 34 cm.
Estimation : 80 000/100 000 

Le haut de la composition se détache sur un fond sombre, uni, brossé à grands traits. Des grappes de raisins blancs et noirs, quelques abricots et une branche de quetsche sont contenus dans une corbeille en osier tressé, certains fruits avec leur feuillage. Sur le simple plateau de la table en bois, sont comme jetés  cependant dans un savant désordre  des groseilles, des fruits à coque, une cerise et un piment ; une quetsche, tombée de sa branche, se trouve au pied de la corbeille. Les groseilles viennent d’être cueillies, des gouttes de rosée tremblent encore sur leurs feuilles. L’artiste a réuni les fruits fragiles, cultivés sous serre ou importés, laissant ceux du jardin posés sur l’entablement. Le piment apporte une touche exotique. L’agencement est emblématique d’une œuvre d’Isaak Soreau, encore archaïque par son exécution minutieuse, par sa facture lisse et par sa composition simple, statique. Sa famille, flamande d’origine, s’installa à Francfort, en Allemagne, pour rejoindre les partisans de la Réforme. Son père, Daniel, travailla d’abord pour le commerce familial de laine, puis comme peintre et architecte. Formé dans l’atelier paternel, repris en 1619 à la mort de Daniel par Sébastien Stoskopff qui complète son apprentissage, Isaak rejoint Anvers en 1626, où il fut probablement l’élève de Jacob Van Hulsdonck (1582-1647). Observateur attentif des fleurs et des fruits, il fait preuve d’une technique exceptionnelle et d’une rare acuité. D’une œuvre à l’autre, répétant la même composition, il inclut des détails  ou retranche certains fruits  pour les différencier. Le tableau, conservé au Petit Palais, offre une disposition plus horizontale, où une corbeille remplie de grappes de raisins est entourée à gauche d’une assiette creuse en porcelaine blanc bleu de Chine et à droite d’un plat d’étain, contenant des prunes ; devant, une anémone dans un verre domine des fruits  cerises, fraises, noisettes  et une rose, dispersés au premier plan. Soreau a été influencé par Stoskopff dans ses choix mettant en valeur la beauté naturelle des objets et des bienfaits de la nature mais aussi l’opulence des natures mortes flamandes au contact de Van Hulsdonck. Méconnu par les historiens de l’art jusqu’au milieu du XXe siècle, Isaak Soreau est désormais recherché des amateurs comme Yvonne et Jean Riechers, lesquels, à cette même époque, réunirent une collection sur le thème de la nature morte, privilégiant des noms moins connus de spécialistes de ce genre. Les tableaux de Soreau figurent parmi les meilleures collections publiques, en particulier en Allemagne, à Munich et Hambourg.

Monday 24 June 2019 - 02:30 - Live
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Ader
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