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Héroïnes au musée de la Vie romantique

Published on , by Valentin Grivet

À l’heure du romantisme, nombre d’artistes ont pris pour sujet des héroïnes tragiques, réelles ou fictives. En quatre-vingts tableaux signés notamment Théodore Chassériau, Ary Scheffer, Léon Cognet, François Gérard et Anne-Louis Girodet, cette exposition explore avec finesse un thème jusqu’ici rarement traité. « La figure...

Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850), Jeanne d’Arc sur le bûcher, 1822, huile... Héroïnes au musée de la Vie romantique
Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850), Jeanne d’Arc sur le bûcher, 1822, huile sur toile, musée des beaux-arts, Rouen.
© Agence Albatros/Réunion des Musées métropolitains Rouen Normandie.

À l’heure du romantisme, nombre d’artistes ont pris pour sujet des héroïnes tragiques, réelles ou fictives. En quatre-vingts tableaux signés notamment Théodore Chassériau, Ary Scheffer, Léon Cognet, François Gérard et Anne-Louis Girodet, cette exposition explore avec finesse un thème jusqu’ici rarement traité. « La figure de l’héroïne incarne la puissance du sentiment, la violence des passions, explique la commissaire et directrice du musée Gaëlle Rio. Les artistes représentent des femmes à la peau diaphane, drapées de blanc, vacillantes, gisantes, en choisissant le moment le plus critique de leur existence. » Sapho, brûlée d’amour, s’apprêtant à se jeter de son rocher (un chef-d’œuvre d’Antoine-Jean Gros prêté par le musée de Bayeux), le suicide de Cléopâtre, Jeanne d’Arc sur le bûcher, Marie Stuart quittant la France en deuil de son époux : le parcours s’ouvre sur des images d’un féminin sacrifié, au travers de grandes figures mythologiques ou historiques. Viennent ensuite les héroïnes littéraires. Au XIXe siècle, le roman a le vent en poupe et Chateaubriand, Victor Hugo, Madame de Staël, George Sand ou la méconnue Sophie Cottin livrent aux artistes des personnages au destin dramatique comme Atala, Velléda, Esméralda, Lélia… Dans les années 1820, le théâtre de William Shakespeare connaît un succès retentissant, et la mort d’Ophélie, la folie de Lady Macbeth, l’empoisonnement supposé de Juliette dans les bras de son Roméo enflamment l’imaginaire d’Eugène Delacroix, de Charles-Louis Müller ou de Léopold Burthe. Dans une scénographie élégante et évocatrice qui mêle portraits, costumes et extraits sonores, l’ultime partie de l’exposition rend hommage aux grandes tragédiennes et cantatrices du XIXe siècle telles Rachel, Mademoiselle Mars ou Maria Malibran qui, en les incarnant sur scène, ont contribué à populariser ces héroïnes romantiques.

Musée de la Vie romantique, 16,
rue Chaptal, Paris 
IXe, tél. : 01 55 31 95 67,
Jusqu’au 4 septembre 2022.
www.museevieromantique.paris.fr 
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