Giacometti, une famille de créateurs à la fondation Maeght

On 20 July 2021, by Virginie Chuimer-Layen
Giovanni Giacometti, In riva al lago (Au bord du lac), 1921, huile sur toile, 80 74 cm, collection particulière, Suisse.
© Koller Auktionen, Zürich

On connaît le talent d’Alberto Giacometti, mais que sait-on réellement de celui de ses frères Diego, sculpteur et designer, et Bruno, architecte  ? Et quid de celui de leur père Giovanni et du cousin de celui-ci Augusto, tous deux peintres ? La fondation Marguerite et Aimé Maeght pallie ce manque en leur rendant hommage. Première mondiale, cette exposition non chronologique, riche de trois cents sculptures, dessins, tableaux, maquettes et meubles provenant de l’institution, de la famille Maeght, de musées ou de collectionneurs privés, met en exergue leurs carrières respectives en tissant les liens parentaux et esthétiques qui les unissent. Dans une première partie, la palette de Giovanni (1877-1947), tantôt pointilliste, tantôt expressionniste, fait vibrer d’émouvantes scènes familiales au bord de lacs et au pied de montagnes près de Stampa, le village natal suisse (Sous le sureau, 1911), tandis que le pinceau explosif d’Augusto (1877-1947) libère les couleurs dans de dynamiques vues extérieures (Paysage, 1912) et des tableautins préfigurant l’abstraction, selon Peter Knapp, commissaire de l’exposition. Au fil du parcours, les meubles de Diego (1902-1985) et d’Alberto (1901-1966) font la lumière sur le rôle du premier dans la carrière du second. Génial créateur sans qui celui-ci ne serait pas devenu «Giacometti», le cadet a produit de nombreuses lampes, consoles, chaises en fonte au bestiaire malicieux. De l’aîné, on note le «lustre pour le mas Bernard» (1949), rarement exposé, appartenant à la famille Maeght et portant en germe quelques-unes de ses pièces iconiques, Femme debout (1952) et L’Homme qui marche (1960). Quant au benjamin Bruno  (1907-2012), on réalise ce que lui doit le courant moderniste suisse d’après-guerre, avec notamment la maquette du pavillon helvète pour la Biennale de Venise de 1951. Dommage que l’exposition, qui couvre un siècle d’histoire de l’art, n’évoque pas plus la personnalité de leur sœur Ottilia, modèle et tisserande morte à 33 ans.

Fondation Marguerite et Aimé Maeght,
623, chemin des Gardettes, Saint-Paul-de-Vence (06), tél. 
: 04 93 32 81 63
Jusqu’au 14 novembre 2021.
www.fondation-maeght.com
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