Galerie Pierre-Alain Challier : Stéphane Erouane Dumas. Droites et courbes

On 16 February 2021, by Stéphanie Pioda
Stéphane Erouane Dumas (né en 1958), Le Givre, huile sur toile, 2019, 40 40 cm. Courtesy galerie Pierre-Alain Challier © Adagp 2021
 

Au départ, il y a un arbre, en l’occurrence un bouleau, croisé lors des balades incessantes de Stéphane Erouane Dumas dans cette Normandie qu’il aime pour sa lumière laiteuse, brumeuse et évanescente. Il le dessine dans ses carnets, l’accroche sur les murs de son atelier et le multiplie sur la toile au point de le détacher du réel, pour l’élever au rang de motif envahissant, flottant sur la couleur sourde ou accroché au bord d’un lac. Dressés et alignés en ordre ou déployés en un jeu de mikados, ils sont une symphonie pour l’œil et pour l’esprit qui pourrait presque entendre la musique sérielle d’un Philip Glass ou d’un Steve Reich, que l’artiste écoute en travaillant. Ces grands troncs se métamorphosent en une partition animée par les nœuds du bois qui se lisent alors comme des notes. «Dans la répétition s’installe un rythme, un mouvement, un espace», détaille-t-il. Et s’il bascule dans une dimension abstraite, ses titres renvoient toujours à cette nature inspirante, Lichens blancs, Forêt, Le Givre que l’exposition met en regard avec l’autre grand thème cher à l’artiste, les falaises. Il saisit ces dernières en gros plan, attiré par les plis et les strates géologiques compressées et façonnées pendant des millions d’années, une façon de basculer dans une dimension temporelle transcendantale et de redonner un peu d’humilité à l’humain. «Les falaises sont comme des poumons qui respirent», reconnaît-il d’ailleurs. La puissance du sentiment qui se dégage est tel que l’artiste a ressenti le besoin de plonger les mains dans la terre chamottée et de façonner ces morceaux de falaises en bronze. Végétal et minéralité sont les deux faces d’une même médaille qui racontent combien cette nature est «plastiquement passionnante», confie l’artiste enthousiaste. La peinture – mais aussi la sculpture, pourrait-on compléter –, «est la rencontre d’une énergie et d’une émotion», ce qu’exprime parfaitement cette exposition, résultat de trois années de recherches.

Galerie Pierre-Alain Challier,
8, rue Debelleyme, Paris III
e, tél. : 01 49 96 63 00.
Jusqu’au 20 mars 2021.
www.pacea.fr
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