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Foire à Bruxelles : la BRAFA 2022, une édition de transition

Published on , by Alexandre Crochet

La foire bruxelloise d’art et d’antiquités était de retour dans un créneau provisoire et dans un nouveau lieu. Et a su garder le niveau malgré un contexte difficile.

Le stand de Xavier Eeckhout à la Brafa 2022. COURTESY BRAFA Foire à Bruxelles : la BRAFA 2022, une édition de transition
Le stand de Xavier Eeckhout à la Brafa 2022.
COURTESY BRAFA

La Brafa a fait bonne figure, malgré un contexte pour le moins défavorable. De retour après une année blanche en 2021, en raison de la pandémie, la plus grande foire d’art et d’antiquités de Belgique a dû affronter des grèves et la canicule. Exposants et visiteurs ont étrenné un nouveau lieu : l’imposant ensemble moderniste de Brussels Expo, sur le plateau de Heysel. Un peu loin du centre-ville certes, mais avec plus de place pour se garer, un métro direct pour la gare du Midi, l’aéroport à deux pas «et un accès direct à l’autoroute, ce qui a permis à beaucoup de Belges de venir de toute la région et au-delà», explique le marchand parisien Xavier Eeckhout. Last but not least, la Brafa était pour une fois organisée en juin et non en janvier. Elle s’est retrouvée coincée entre Art Basel et la Tefaf Maastricht, qui a reporté son édition 2022 à la même période, démarrant pendant la fin de la Brafa. Conséquence : la défection d’une petite partie des exposants habituels, parmi les meilleurs. Si certains, à l’instar de Kevorkian, Didier Claes, De Jonckheere ou Eeckhout, ont retroussé leurs manches pour participer aux deux événements malgré le timing serré, près de dix marchands ont fait l’impasse. Parmi ceux-ci, des figures importantes comme Steinitz, qui participe pour la première fois à la Tefaf. Par ailleurs, certains poids lourds qui attirent du monde, comme le Belge Guy Pieters, qui occupe toujours un énorme stand d’art contemporain, ou La Présidence (Paris), spécialisée en art moderne, étaient aussi absents. L’éclectisme, carte de visite de la Brafa, restait bien sûr de mise, avec une myriade de spécialités, mais le profil nettement plus contemporain de cette édition, n’a échappé à personne. Pour combler les manques et parvenir à 115 exposants – soit déjà une quinzaine de moins que d’ordinaire –, les organisateurs ont largement fait appel à des enseignes d’art d’après-guerre et contemporain. Parmi ces nouvelles venues figuraient la luxembourgeoise Zidoun-Bossuyt, proposant un focus sur l’Afro-Américaine Summer Wheat, son confrère de Luxembourg Nosbaum Reding, récemment installé aussi à Bruxelles, ou encore la QG Gallery, de Knokke, qui a apporté un exemplaire de Woodblocks de Donald Judd, de 1989 (150 000 €), comme une œuvre écarlate de Gilbert & George de 1988 évoquant le drame du VIH (160 000 €). Malgré cette inflexion, la Brafa reste l’une des rares foires où trouver les œuvres les plus diverses, aussi bien pour alimenter une collection que pour orner sa demeure, à des prix raisonnables mais aussi à plusieurs millions d'euros – comme pour L’Arbre de mai, une scène de kermesse de Bruegel le Jeune chez De Jonckheere, qui proposait aussi un important Delvaux. Floris Van Wanroij Fine Art a vendu un Christ du XVIIe siècle par le sculpteur flamand Jan III Van Doorne au Rijksmuseum d’Amsterdam. Satisfait, Xavier Eeckhout a cédé au moins six sculptures entre 45 000 et 60 000 €, notamment des frères Jan et Joël Martel ou d’Armand Petersen. Francis Maere, grande figure de Gand, consacrait avec succès un stand à Eugène Dodeigne. Maruani Mercier a vendu dès les premiers jours quatorze toiles d’Arne Quinze, l’invité d’honneur de la Brafa, dont la fourchette varie entre 50 000 et 125 000 €. Quant à Didier Claes, il s’est séparé d’une figure nkisi songye du Congo. «J’étais venu avec des ambitions raisonnables vu le contexte, confie Christophe Hioco, spécialiste des arts de l’Inde. Malgré une fréquentation nettement en baisse, nous avons eu un bon accueil. Nos clients, des Belges et pour un tiers des Français, sont venus et étaient heureux d’être là.» Rendez-vous en 2023… si tout va bien en janvier !

à savoir
www.brafa.art
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