Djo-Bourgeois

On 10 December 2020, by Andrew Ayers
Djo-Bourgeois

Il plane sur les arts décoratifs français de l’entre-deux-guerres une part de mystère, du fait de la disparition quasi totale des archives de certaines figures majeures, telles que Rob Mallet-Stevens ou Pierre Chareau. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que l’on voit paraître ce premier volume consacré à l’important architecte et ensemblier Georges Djo-Bourgeois (1898-1937), qui disparut à l’âge de 39 ans en ne laissant qu’un recueil photographique sans explications comme seul témoin de sa brève et brillante carrière. Mais l’intérêt tourne vite à la déception, car loin d’être le fruit de recherches historiques approfondies, ce livre se contente de faire le tour des informations disponibles. Ainsi le texte cite-t-il quasiment toute la presse spécialisée de l’époque, sans sélection ou discernement, se servant de ces passages laborieusement recopiés comme briques d’un récit dont le liant s’avère bien maigre. Alors que l’ouvrage se compose de plates descriptions de ce que le lecteur peut très bien voir lui-même dans l’iconographie, aucune véritable analyse n’est tentée, la villa des Lahy au Lavandou (1926), par exemple – la seule œuvre totale de Djo-Bourgeois, où il concilie architecture et décoration – étant pratiquement passée sous silence. Tout suggère, d’ailleurs, un volume réalisé à la hâte, vite expédié, sans relecture attentive. Des affirmations d’une vacuité affligeante – « De par sa liberté créative, la technique de la menuiserie inspire l’architecte, qui l’utilise volontiers » – aux notes de bas de page à la numérotation erratique, en passant par les contradictions et les nombreuses répétitions, le manque de soin est flagrant. Ainsi, les vieilles attributions ne sont nullement remises en question, comme par exemple cette « villa sur la Côte d’Azur c. 1930 » qui est en fait de René Perrey, a été construite en 1926 et se trouve à La Baule. Que vaut donc cet ouvrage ? Une abondante iconographie, reproduite dans un joli format, qui se concentre presque exclusivement sur des documents d’époque, un recensement des sources bibliographiques très utile pour les chercheurs du futur : le premier consacré à Djo-Bourgeois, mais sûrement pas le livre définitif.

Anne Bony, Djo-Bourgeois, éditions du Regard, 208 pages, 45 €.
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