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De l’Angleterre à l’Inde

On 05 May 2017, by Caroline Legrand

Destinée au marché indien, une chaise estampillée Osler à Birmingham illustre la mode pour le verre et le cristal au XIXe siècle. Quand le luxe de l’Occident s’adapte à l’Orient.

De l’Angleterre à l’Inde
F. & C. Osler à Birmingham, XIXe siècle, chaise d’apparat en cristal taillé à pointes de diamant, deux estampilles en partie supérieure, assise et dossier en velours cramoisi capitonné, âme à tiges métalliques, h. 130 cm.
Estimation : 2 000/3 000 €

Le XIXe siècle est une époque d’intenses recherches pour les arts décoratifs en Europe. Avec la volonté de se renouveler, les artisans s’ouvrent alors à d’autres sources d’inspiration, et les Expositions universelles naissantes permettent de découvrir les toutes dernières inventions, qu’elles soient artistiques ou techniques. Ainsi en 1851, celle organisée pour la première fois à Londres devait-elle impressionner le monde entier par son faste et sa nouveauté. Le prince Albert et la reine Victoria sont les grands initiateurs de cet événement, qu’ils veulent majestueux. Un grand concours est lancé afin de lui offrir un digne écrin : Joseph Paxton le remporte et construit, avec l’architecte Owen Jones, un immense édifice de fonte et de verre, le Crystal Palace. Celui-ci abritera une importante sélection d’objets d’art et de meubles en verre, bénéficiant des dernières innovations technologiques. Si cette tradition remonte aux verres impériaux russes des tables du palais de l’impératrice Catherine à Tsarskoïe Selo ou, en France, au célèbre mobilier de la duchesse de Berry réalisé par L’Escalier de cristal vers 1820, l’Exposition londonienne permet de la révéler aux yeux du grand public. Et ces créations ne passent pas non plus inaperçues du côté des grandes richesses du Proche et du Moyen-Orient. Ainsi, l’Inde devient un client particulièrement friand de ce mobilier de cristal jouant de la couleur des verres, mais aussi du découpage en facettes, qui permet de refléter la lumière avec des effets spectaculaires. Un aspect brillant qui rompt avec le traditionnel mobilier indien en bois. Par ailleurs, ce matériau, dans un climat chaud et humide, présente l’avantage de rester froid et de se conserver parfaitement.
le potentiel du marché indien
Au long de la seconde partie du XIXe siècle, les grandes familles indiennes s’adressent fréquemment à Baccarat en France et, bien sûr, à la compagnie F. & C. Osler de Birmingham. Cette dernière installe dès 1840 une salle d’exposition à Calcutta, envoie trois ans plus tard ses premiers représentants commerciaux et y aménage bientôt un magasin, avant même d’ouvrir celui de Londres… Il faut dire que la maison Osler savait profiter des expositions internationales pour sa publicité : son immense fontaine en verre avait ainsi fait sensation lors de la fameuse Exposition de 1851. Reconnaissons aussi qu’elle fut l’une des premières sociétés à saisir le potentiel de ce nouveau marché. Le palais Jai Vilas du maharajah de Gwalior possède par exemple deux des plus grands chandeliers en cristal connus, signés Osler. Follett et Clarkson Osler fondent leur entreprise en 1807 à Birmingham, au centre de l’Angleterre. Ils se spécialiseront dans le commerce vers l’Inde, en produisant des pièces très techniques, luxueuses et prisées pour leur taille flirtant avec le monumental. Osler a d’ailleurs inventé une technique bien particulière, très complexe et longue, afin de cuire et de découper sans accident des verres de grandes dimensions. L’activité de la société se poursuivra jusqu’en 1975. L’exposition «Glass of the Maharajahs» au Corning Museum of Glass, à New York en 2006, présentait ainsi de nombreuses créations de la firme Osler… un précurseur en matière de marketing.

bijoux, tableaux et objets d'art
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