Charlotte Perriand. Comment voulons-nous vivre ? Politique du photomontage

On 20 July 2021, by Virginie Chuimer-Layen
François Kollar (1904-1979), Entrée du « diorama » de Charlotte Perriand et Fernand Léger pour le pavillon du ministère de l’Agriculture, exposition internationale des arts et des techniques dans la vie moderne, porte Maillot, Paris, 1937. 
Collection archives Charlotte Perriand (AChP)/ADAGP, Paris, 2021

Charlotte Perriand (1903-1999) a usé très tôt de la photographie et du photomontage comme outils au service de son engagement politique. Nourrie de ses archives en grande partie inédites, l’exposition explore en trois volets et près de 500 tirages d’époque sa manière partisane d’appréhender les conditions de l’habitat. En introduction, des montages dévoilent son travail documentaire des années 1925-1930, lorsqu’à Paris et ailleurs elle scrute les manières d’habiter de ses contemporains avec ses photos personnelles, mais aussi la collecte d’épreuves et de magazines achetés à des agences. Une première partie présente le contenu de La Grande Misère de Paris, son premier photomontage réalisé pour la troisième exposition de l’habitation, au Salon des arts ménagers de 1936. Une seconde reconstitue partiellement quelques-unes des fresques, réalisées avec Fernand Léger, du pavillon du ministère de l’Agriculture. Présentées à l’Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne de 1937, elles montrent l’efficacité des statistiques imagées, des slogans et de la couleur pour illustrer la mutation du monde rural. Enfin, Perriand a décoré la salle d’attente du ministère de l’Agriculture de photomontages inspirés des fresques soviétiques, destinés à promouvoir la politique agricole du Front Populaire. Conçue par Damarice Amao, attachée de conservation au Centre Pompidou, l’exposition, didactique et enrichie de documents contextuels – planches-contacts, maquette, vidéo –, fait la lumière sur sa méthode de travail, fondée sur l’usage dynamique du détournement, de l’agrandissement, du découpage des images et de leurs qualités plastiques, pour promouvoir leur contenu social et politique. La photographie comme « arme de classe ».

Monoprix, boulevard Émile-Combe, place Lamartine, Arles (13).
Jusqu’au 26 septembre 2021.
www.rencontres-arles.com
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