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Cap sur l’art contemporain sud-africain

On 22 February 2018, by Pierre Naquin

Cela a été dit et redit, l’art contemporain vibre en Afrique et particulièrement en Afrique du Sud. À l’occasion de la Cape Town Art Fair, petit tour d’horizon des événements organisés dans cette contrée aux multiples cultures.

Cap sur l’art contemporain sud-africain
Détail d’une œuvre d’Usha Seejarim (née en 1974), lauréate du prix Tomorrows/Today Prize.
© COURTESY FRIED CONTEMPORARY INVESTEC CAPE TOWN ART FAIR

Alors que le monde découvre et s’ébahit de la créativité d’un continent fort de 54 pays, l’Afrique du Sud bien avant les autres a su développer un écosystème artistique, efficace et complet. Jouissant d’une relative prospérité, doté d’apports culturels variés malgré une histoire douloureuse, le pays a pris un peu d’avance sur le reste du continent. Et même si certains médiums comme la photographie forment l’ADN de la scène artistique du pays, la production contemporaine dans son ensemble y est très régulièrement célébrée.
Un vivier de festivals
L’Afrique du Sud compte ainsi six festivals de grande ampleur, tous concentrés sur le premier semestre. Chaque année en mars ce sera la 19e édition , l’université de Stellenbosch, qui fête d’ailleurs sa centième bougie, organise un grand rassemblement qui, sur une dizaine de jours, balaie toutes les disciplines, des arts vivants aux arts visuels. Le programme, très dense, présente plusieurs centaines d’artistes et invite à renouveler l’idée que l’on se fait de la création actuelle. À mi-chemin entre Le Cap et Port Elizabeth, à Oudtshoorn, se tient, à peu près au même moment, un festival national dédié à la
« culture
afrikaans ». Un programme ambitieux sur une semaine fait là aussi la part belle aux arts vivants et plastiques. À peine un mois plus tard, un autre festival de première importance se tient au Cap. Organisé annuellement par Africa Centre, de 2007 à 2017, Infesting the City devient une biennale et devrait revenir au printemps 2019. Fin avril, c’est l’équivalent du Burning Man américain, l’AfrikaBurn, qui se tient dans le parc national Tankwa Karoo. Impossible de faire plus festif ou plus grandiose ! En juin, sur la côte ouest, à Hermanus, se tient un peu partout dans la ville le Fynarts festival. Celui-ci célèbre la richesse qu’apporte à l’Afrique du Sud chaque communauté ; les Français étaient d’ailleurs mis à l’honneur en 2017. De toute beauté, les expositions de sculptures au bord des falaises ne sont à manquer sous aucun prétexte. Impossible d’ignorer le National Arts Festival qui, durant onze jours, fin juin, met en avant toutes les formes d’art dans la petite ville de Grahamstown, située à une heure trente à l’est de Port Elizabeth. Néanmoins, pour ce qui est des arts visuels, le programme reste encore un peu mince. L’Afrique du Sud n’est pas non plus en reste côté foires. De nombreux événements commerciaux rythment l’année même s’ils sont entièrement concentrés sur Le Cap et Johannesburg, deux des trois capitales avec Pretoria. Passons rapidement sur les deux événements organisés par l’association des galeries sud-africaines (la SAADA). Ne présentant pas grand intérêt, ils semblent en prime avoir disparu des radars et aucune édition n’est annoncée en 2018. Art Africa Fair, toujours au Cap, ne donnera pas non plus lieu à une présentation cette année. Reste donc les deux mastodontes que sont Cape Town Art Fair et Joburg Art Fair, accompagnés de deux plus petites manifestations : Winter Sculpture Fair en mai de toute beauté, en plein air, organisée par Artlogic, la même équipe que Joburg Art Fair et la Turbine Art Fair en juillet qui doit son nom au lieu qui l’accueille et se dédie à des galeries plus commerciales.
Au Cap, tout va bien !
Cape Town Art Fair fermait ses portes le 18 février, avec des exposants globalement tous satisfaits. Olivia Constantine d’ARTLab Africa (Kenya) se montrait enchantée : «C’est notre troisième participation et nous sommes ravis de voir à quel point la foire s’est développée cette année. La réponse à Paul Onditi a été exceptionnelle et on sent le public friand de découvertes en provenance du continent.» Même son de cloche pour les galeries occidentales. Chili Hawes, de l’October Gallery (Londres), se réjouit de ses ventes «auprès de collectionneurs aussi bien sud-africains qu’internationaux». Idem pour la cadette de la foire, la jeune galerie londonienne Amar, dont le directeur, Amar Singh est «ravi des milliers de personnes qui ont visité la foire et notre stand». Très enthousiaste, il conclut : « Comptez sur moi pour l’année prochaine. Je serai là ! » La galerie Perrotin tentait l’aventure pour la première fois cette année. Loin de ses bases habituelles, c’est avec humilité qu’elle abordait cette participation : «Nous ne sommes pas encore très familiers avec les collectionneurs locaux, mais nous sommes à l’écoute et attentifs à leurs sujets d’intérêt. C’est pour nous l’occasion d’apprendre plein de nouvelles choses», confie l’équipe de la galerie. «C’est suite à nos échanges passionnants avec Tumelo Mosaka, le curateur de la foire, que nous avons décidé de participer. C’est pour nous l’opportunité de mettre un pied sur ce continent et d’en découvrir toute la vitalité.» Même si les galeries locales nécessairement plus exigeantes ont noté, comme Lena Sulik, de 99 Loop, une baisse de la fréquentation (expliquée par la tenue du discours présidentiel en ville et la première vente d’art contemporain de la maison Strauss), elles insistent sur le fait que «la foire s’améliore d’année en année» et estiment que «l’arrivée de galeries internationales est un plus indéniable». De même, Monique Foord, de Salon 91, saluait «l’effort de tous les exposants qui montraient des œuvres d’une qualité exceptionnelle ». On l’aura compris, l’art contemporain sud-africain se porte bien. Même si plusieurs événements de moindre importance ont fait l’impasse sur l’année 2018, il semble que les rendez-vous majeurs continuent d’attirer public et collectionneurs. Sien jou in September by Johannesburg !

À voir
La prochaine édition du festival US Woordfees se tiendra du 2 au 11 mars 2018, à l’université de Stellenbosch, proche du Cap.
Le programme complet est à découvrir sur www.woordfees.co.za 

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