Art Basel Miami Crisis ? What Crisis ?

On 15 December 2016, by Marie-Salomé Peyronnel

Bilan de la 15e édition d’Art Basel Miami, qui, avec ses 269 galeries venant de vingt-neuf pays différents, transforme chaque année Miami beach en carrefour incontournable du monde de l’art.

Vue du stand de Kamel Mennour.
© Art Basel

Malgré la qualité du programme et le soleil fidèle au rendez-vous, moins de visiteurs ont déambulé dans les allées du Convention Center de Miami et dans la vingtaine de foires off. Le virus Zika en porterait la responsabilité, ou l’élection de Donald Trump, selon les théories. Mais – comme le signalaient les inscriptions «Crisis ? What Crisis ? We came for the party» sur les badges provocateurs de l’artiste engagé Trevor Paglen, distribués sur le stand de la galerie Metro Pictures – la crise, qu’elle soit politique, sanitaire ou économique, n’a pas empêché les festivités de se dérouler avec faste, ni aux ventes de se conclure dans un climat de confiance. «Plus de business, avec moitié moins de monde», résumait Lisa Spellman, propriétaire de la 303 Gallery.
Un bilan très positif
De Jocelyn Wolff (Paris) à Mitchell-Innes & Nash (New York), les exposants sont ravis des ventes effectuées. La galerie Evelyn Day Lasry (New York) a ainsi vendu les huit œuvres de son stand pendant les deux premières heures du prévernissage, et la Lisson Gallery (Londres) a, entre autres, vendu plusieurs travaux d’Anish Kapoor pour 500 000/700 000 £, ainsi que deux peintures de la Cubaine Carmen Herrera à 450 000 $ pièce. Le deuxième jour a vu la tendance se confirmer avec des ventes importantes, dont un tableau de George Baselitz à 800 000 $ chez Michael Werner. La galerie Perrotin, dont le bilan est également extrêmement bon, en a par ailleurs profité pour annoncer la signature du peintre californien Zach Harris, dont ils exposaient la peinture Linen Last Judgement VI, vendue à 36 000 $ la veille de l’ouverture de la foire.
La nouvelle vague
Dans le flot de foires off, deux manifestations indépendantes sortent du lot : l’excentrique Nada a attiré pour la quatorzième fois les foules curieuses dans les salons du Deauville Beach Resort, réunissant 110 exposants, contre 105 l’an dernier. Nous retiendrons aussi la réussite de la cinquième édition d’Untitled Miami : s’y distinguaient les sculptures en béton, bois et papier de Lucas Simoes, sur la stand de la galerie texanne Lora Reynolds, des œuvres de Marco Maggi chez Josée Bienvenu Gallery (artiste également représenté par Nara Roesler à Art Basel, avec des prix autour de 30 000 $), ainsi qu’une installation laser de Matthew Schreiber chez Nyehaus. Y ont notamment été vus les collectionneurs Maria Baibakova, Jeffrey Soros, Jorge Perez et Donald Rubell.
Des sujets graves, aussi
Outre le bling-bling de rigueur, il était impossible de ne pas noter le petit vent de sérieux soufflant sur la station balnéaire : table ronde sur l’avenir de la vente aux enchères en ligne, organisée par le magazine Whitewall ; œuvres féministes à Pulse (dont les ovaires en néon et gants de boxe de l’Américaine Zoé Buckman) ; conseils de dissidence administrés par la Pussy Riot Nadejda Tolokonnikolva, ou encore l’œuvre de Rirkrit Tiravanija, conçue post-élection américaine et déclarant : «La tyrannie du sens commun a atteint son dernier stade».

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