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Architecture et design gonflables à la Cité de l’architecture

On 19 October 2021, by Virginie Huet

Architecture et design gonflables à la Cité de l’architecture
Stand de rafraîchissement, Foire internationale de New York 1964-1965, pour Brass Rail Food Service Organization Inc. Maquette Library of Congress, Prints & Photographs Division.
© Library of Congress

Hormis deux ou trois spécimens fatigués égarés à l’étage parmi les reliques médiévales du parcours permanent, l’essentiel de la flotte pneumatique, initialement déployée sous la grande nef du Centre Pompidou-Metz, se cache cet automne au niveau moins 1 du palais de Chaillot. Pour des raisons évidentes, une écrasante majorité manque physiquement à l’appel. Mais l’esprit gonflé de ces objets est bien là, encapsulé dans les maquettes, photographies, vidéos et autres documents d’archive retraçant soixante-dix ans d’une passion commune à l’architecture et au design : l’air. Emportés par le vent de liberté soufflant sur les Trente Glorieuses, les grands esprits prolongent le rêve fou des frères Montgolfier, à l’origine en 1783 du tout premier vol humain. Le choc pétrolier de 1973 coupe net ce courant ascensionnel, et il faudra attendre la fin des années 1990 pour que le gonflable ne revienne en grâce auprès de Rem Koolhaas, l’agence Herzog & de Meuron et autres «starchitectes», attirés par son haut potentiel – créatif, technologique. Reste l’élan des Swinging Sixties, temps de la conquête spatiale et des trips psychédéliques, où le plastique est encore fantastique. Le parcours s’appesantit sur cette période hallucinée à travers trois grand-messes internationales : «Structures gonflables» au musée d’Art moderne de la Ville de Paris (1968), l’exposition universelle d’Osaka (1970) et les documenta 4 et 5 de Kassel (1968 et 1972). Yutaka Murata fait pousser le pavillon du groupe Fuji comme un champignon et Haus-Rucker-Co accroche une oasis à la façade néoclassique du Fridericianum… Le monde entier vit dans une bulle. Même les intérieurs adoptent les lignes pop des designers Quasar Khanh et Bernard Quentin. Piero Manzoni et son «souffle d’artiste» l’avaient prédit : l’ex-appareil militaire est devenu un redoutable outil critique. Au rayon utopies, les effets d’atmosphère de Graham Stevens séduisent. À l’image de son Desert Cloud (1974), simili-cumulus produisant de l’eau par condensation, le disciple de Richard Buckminster Fuller milite pour une architecture écologique, capable de «couvrir» les besoins essentiels de l’homme.

Cité de l’architecture & du patrimoine,
1 place du Trocadéro et du 11-Novembre, Paris 
XVI
e,
tél. 
: 01 58 51 52 00,
Jusqu’au 14 février 2022.
www.citedelarchitecture.fr

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