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Albert-Ernest Carrier-Belleuse

Published on , by Anne Doridou-Heim

Cette exposition modelée par Jean-François Bourriaud – une première en trente-cinq ans de métier ! – rappelle avec justesse que sous le second Empire, aux côtés de Jean-Baptiste Carpeaux, rayonnait un autre grand sculpteur : Albert-Ernest Carrier-Belleuse. En près de trente-cinq œuvres, transcrites dans le marbre, le bronze...

Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887), Jeune femme au bonnet et au corsage fleuris,... Albert-Ernest Carrier-Belleuse
Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887), Jeune femme au bonnet et au corsage fleuris, terre cuite.
© Yves Breton

Cette exposition modelée par Jean-François Bourriaud – une première en trente-cinq ans de métier ! – rappelle avec justesse que sous le second Empire, aux côtés de Jean-Baptiste Carpeaux, rayonnait un autre grand sculpteur : Albert-Ernest Carrier-Belleuse. En près de trente-cinq œuvres, transcrites dans le marbre, le bronze et la terre cuite, le parcours de ce parfait technicien et non moins bon artiste est relaté sous un angle séduisant. Bustes, figures en pied, figures allégoriques… c’est tout son idéal féminin qui est ici exploré par le galeriste. Il donne à voir à la fois l’empreinte du XVIIIe siècle de Pajou, Houdon, Clodion bien sûr – notamment dans le choix de certains sujets mythologiques et des détails floraux toujours justement déposés –, et la modernité de celui qui forma Rodin, Falguière ou Dalou. Il faut imaginer son atelier comme une ruche bourdonnante. Héritier d’un riche patrimoine artistique, Carrier-Belleuse était aussi résolument ancré dans la modernité par son ouverture aux innovations techniques, et cherchait à fusionner «le beau dans l’utile». Ainsi, grand travailleur, il produisait inlassablement, ce dont témoignent des bronzes d’une rare qualité de fonte et de ciselure, rien n’étant laissé au hasard. Exaltant leur beauté, il conférait à ses modèles des poses et une élégante sensualité en phase avec son époque. On voit de l’insolence dans le regard de la Jeune femme au bonnet et au corsage fleuris, une pièce iconique, la grâce et une sensualité affleurante dans Le Sommeil, Flore ou la Jeune femme au papillon, voire de l’audace dans la Baigneuse au chat – l’une des très rares totalement dénudées. Dans le deuxième volume d’Artistes de mon temps, Émile Langlade (1863-1939) écrivait : «Carrier-Belleuse travaillait avec fougue, procédant directement dans la pâte et regardant les essais comme du temps perdu, ce qui prouve combien il était maître de lui, et comme il avait le métier dans la main.»

Galerie Tourbillon, 15, rue Drouot, Paris IXe, tél. : 01 42 61 56 58.
Jusqu’au 18 février 2022.
www.galerietourbillon.com
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