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Un caprice français par Jean Mariège

Published on , by Caroline Legrand

Peintre lyonnais méconnu, Jean Mariège illustre la mode pour les caprices au XVIIIe siècle, et le passage vers la peinture rocaille.

Jean Mariège (actif entre 1721 et 1728), Vues de ports imaginaires avec statues et... Un caprice français par Jean Mariège
Jean Mariège (actif entre 1721 et 1728), Vues de ports imaginaires avec statues et personnages orientaux, paire de toiles, 49,5 76,5 cm.
Estimation : 3 000/ 5 000 

Le XVIIIe siècle est celui des caprices architecturaux. Ce genre, amorcé en Italie au siècle précédent par des peintres tel Viviano Codazzi — dont les Fantaisies architecturales sont conservées dans les appartements royaux du palais Pitti de Rome —, se développe à la faveur des découvertes archéologiques italiennes et du Grand Tour. Entre peinture décorative et paysagisme, il fait en effet bien des adeptes dans l’Europe du XVIIIe parmi les artistes ayant effectué un voyage en Italie. Tel fut peut-être le cas de Jean Mariège. Actif à Lyon entre 1721 et 1728, celui-ci fut certainement un peintre itinérant. On sait peu de choses sur sa vie, à part qu’il réalisa le décor du théâtre – aujourd’hui disparu – pour le collège des Jésuites à Lyon (actuel lycée Ampère). Seuls une petite douzaine de tableaux de sa main sont connus à ce jour, dont certains garnissent des collections publiques, comme les musées Fabre de Montpellier et Ingres de Montauban. Mêlant sculptures italiennes à la manière d’un Bernin, architectures fortifiées et tours rondes telles de petites ziggourats, ces deux paysages imaginaires de bord de mer sont animés de personnages orientaux ou occidentaux et de nombreux navires partant au large. Des peintures qui, en France, sonnent la fin des tableaux d’architectures louis-quatorziens, à l’instar de ceux de Philippe Meusnier et de Jean II Cotelle, et la naissance de la manière rocaille.

Agenda

Le fonds d'un château du Val de Loire sera notamment dispersé durant l'après-midi. Une paire de toiles du peintre de caprices du XVIIIe Jean Mariège, Vues de ports imaginaires avec statues et personnages orientaux, se négociera à 3 000/5 000 € (voir Gazette n° 29, page 76). On remarquera encore un étonnant ensemble de dessins de jeunesse de Gustave Doré, à la plume et encre brune et formant une petite bande dessinée, intitulé Quelques vues d'un bon garçon : pour ces feuilles évoquant les jeunes années de Monsieur de Cardonne, camarade au lycée de l'artiste, 1 500/2 000 € sont annoncés.

Monday 05 September 2022 - 13:00 (CEST) - Live
32, avenue Maunoury - 41000 Blois
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