Les aciers japonais bien trempés d'une collection

On 28 September 2021, by Claire Papon

Lorsqu’on évoque l’art du Japon, les estampes viennent à l’esprit, mais aussi les armures et les sabres. Cette vente leur est dédiée.

Koto tanto époque Muromashi, signé Kanekishi à décor de libellules, tsuba en fer à décor en cuivre doré et incrustation de shibuichi, fourreau en laque hirame et incrustation de nacre, l. 24 cm.
Estimation : 4 000/6 000 

Le 18 mai dernier était vendue la première partie de cette collection réunie dans les années 1939-1940 et conservée par la famille. Soit 42 sabres allant de l’époque Muromachi (1333-1573) à l’ère Meiji (1868-1912), dont le plus disputé était l’objet d’un combat jusqu’à 64 000 €, au quintuple de la somme espérée. Gageons que le cri des samouraïs, et surtout des amateurs, se fera entendre à nouveau pour ces 40 autres. Armes autant qu’œuvres d’art, ils sont attendus entre 1 000 et 6 000 €, exception faite d’un shinto wakizashi d’époque Edo, à décor de fleurs et de masques nô et kyogen en laque, buis, shibuichi et fer, pour lequel il faudra s’engager à hauteur de 12 000/15 000 €. Développés à partir des épées importées du continent par les cavaliers-archers vers la fin du IIIe siècle, les sabres sont alors des sortes d’épées droites, à double tranchant, dont les nobles se servent comme insignes de fonction plus que comme véritables armes de combat. À partir du IXe siècle, les facteurs de sabres japonais ayant maîtrisé l’art de la forge, ils produisent des lames légèrement courbes, à un seul tranchant, dont le katana est le plus emblématique. Si la période Muromachi voit l’excellence de la fabrication des shin-tô (sabres nouveaux), l’ornementation des accessoires – tsuba, fourreaux, décors – se développe à l’époque Edo. L’ère Meiji interdisant le port des sabres, leur production se ralentit, mais ils se transmettent comme un précieux héritage dans les familles de samouraïs.

Panorama (avant-vente)

Le tranchant du sabre, la grâce de la libellule

On 12 August 2021, by Christophe Provot

De la poignée (tsuka) dont elle semble vouloir s’extraire, au fourreau (saya) de laque sur lequel elle déploie gracieusement ses ailes, la libellule est en majesté sur ce court sabre japonais. Exceptionnel en raison de sa monture « en suite » (travaillée sur un même thème), ce tantō mis en vente par Tessier & Sarrou le 5 octobre, à Drouot, nécessitera 4 000/6 000 €. Outre sa provenance prestigieuse – il est issu de l’ancienne collection Jean-Jacques Reubell, dispersée en 1934 – et son ancienneté – il est daté de l’époque Muromachi (1333-1573) –, l'objet impressionne par le raffinement et la préciosité de son décor. La libellule est un insecte à la symbolique forte pour les guerriers. Faisant toujours face, alors même qu’elle recule, elle personnifie le courage, indispensable à tout bon samouraï.

 

 
Agenda
Cette deuxième partie de collection – la première ayant eu lieu le 18 mai – de sabres comprend quarante pièces de l'époque Muromachi à l'époque Meiji. Elles ont été collectées dans les années 1940 et conservées par la famille. Comptez 2 000 à 15 000 € pour ces lames, véritables objets d'art. 
Friday 08 October 2021 - 15:00 - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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